Bukavu : ATD Quart Monde et Endaro Ya Bashi sensibilisent sur le rôle de la famille dans la réduction des inégalités

Kivu Climate Action
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À l’occasion de la Journée internationale des familles célébrée chaque 15 mai, l’organisation ATD Quart Monde, en collaboration avec Endaro Ya Bashi, a organisé ce samedi 23 mai 2026 à Bukavu une activité communautaire « autour du feu » consacrée au rôle de la famille dans la réduction des inégalités et la promotion du bien-être de l’enfant.

Cette rencontre s’est tenue dans les enceintes de la paroisse de Burhiba, dans la commune de Bagira, et a réuni des familles, des enfants, des jeunes ainsi que plusieurs acteurs communautaires autour du thème : « Oborhere bwa bantu ba mirha na bali buno », traduit en français par : « Les normes sociales anciennes comparativement à aujourd’hui ».

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À travers cet espace d’échange intergénérationnel, les organisateurs voulaient encourager la réflexion collective sur les défis auxquels les familles sont confrontées dans l’éducation des enfants, la transmission des valeurs et la lutte contre les inégalités sociales.

Prenant la parole au cours de cette activité, Obedi Aganze, délégué national d’ATD Quart Monde, a indiqué que cette initiative visait à rappeler l’importance de la famille dans la construction d’une société plus juste et plus inclusive.

« Nous avons vu que c’était important de célébrer avec les familles et rappeler que chaque enfant a droit à une famille, pour trouver des valeurs afin de construire une société digne où chacun a sa place », a-t-il expliqué.

Selon lui, les échanges ont également permis aux participants de partager leurs expériences et de proposer différentes pistes d’actions pour renforcer la protection et l’épanouissement des enfants au sein des communautés.

De son côté, Baguma Dieudonné, président de Endaro Ya Bashi axe Kasha, a insisté sur la nécessité de préserver les anciennes normes sociales et les valeurs culturelles qui, selon lui, tendent progressivement à disparaître.

« Nous avons montré qu’il y a déjà un oubli de nos us et coutumes, même notre langue shi ; il n’y a plus le respect de nos coutumes, surtout chez les jeunes qui ne connaissent plus leurs origines ni leurs langues maternelles », a-t-il déclaré.

Il a également évoqué la question des tabous et des pratiques culturelles traditionnelles, estimant que leur abandon contribuerait à certains déséquilibres sociaux observés actuellement dans les communautés.

« Nous avons insisté sur les tabous également, car actuellement des personnes attrapent des maladies chroniques sans connaître l’origine, simplement parce qu’elles ont bafoué la coutume », a-t-il ajouté.

Face à cette situation, il appelle particulièrement les familles shi à transmettre aux enfants la langue maternelle ainsi que les valeurs culturelles et coutumières afin de préserver l’identité communautaire.

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Dans leur message d’invitation adressé aux participants, les organisateurs ont rappelé que la famille demeure « une cellule de base très importante pour la société » et qu’il est nécessaire de créer des espaces de dialogue entre générations afin de renforcer la cohésion sociale et les valeurs familiales.

Cette activité s’inscrit dans le cadre des initiatives locales visant à promouvoir les droits des enfants, la solidarité familiale et la transmission des valeurs culturelles au sein des communautés du Sud-Kivu.

Esther Rehema

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