Après deux jours d’échanges et de renforcement des capacités, un atelier de formation réunissant 20 journalistes de Bukavu sur le rôle des médias dans la protection de l’environnement s’est clôturé ce 19 février 2026. Une formation faite en prélude du « mois vert » soutenu par la Direction du Développement et de la coopération Suisse (DDC). Les participants ont formulé une série de recommandations et pris des engagements forts pour améliorer le traitement des questions environnementales au Sud-Kivu.
Durant ces assises, les intervenants ont insisté sur la responsabilité des professionnels des médias dans la compréhension, la vulgarisation et l’orientation des débats autour des enjeux environnementaux dans la province.
Intervenant comme panéliste sur le thème du journalisme de solution, Egide Kitumaini a souligné la nécessité pour les journalistes de bien maîtriser les notions fondamentales liées à l’environnement avant de traiter ces sujets.
« Les journalistes doivent d’abord comprendre les concepts. Ils doivent savoir différencier ce qu’est le changement climatique d’autres concepts liés à cet aspect, mais également comprendre ce qu’est un écosystème avant d’aborder ces sujets », a-t-il expliqué.
Selon lui, une mauvaise compréhension ou une sensibilisation approximative peut produire des effets contre-productifs au sein des communautés.
« Si c’est mal sensibilisé, il y aura des changements communautaires qui ne vont pas dans le bon sens », a-t-il averti.
Il a par ailleurs appelé les journalistes à plus de rigueur professionnelle, notamment en matière de documentation et de recoupement des sources.
« Les journalistes doivent se documenter et croiser les sources. »
Abordant le journalisme de solution, il a rappelé que le rôle du journaliste ne se limite pas à exposer les problèmes, mais consiste aussi à orienter vers des pistes constructives.
« Le journaliste doit amener la communauté à trouver elle-même les pistes de solution », a souligné Egide Kitumaini.
Éviter les erreurs de terminologie
Pour Deogratias Cubaka, représentant de Terra Nova RDC et participant à la formation, cet atelier répondait à un besoin réel.
« Nous sommes satisfaits, car les enseignements ont été importants. Il était d’abord question de comprendre les enjeux environnementaux de la province du Sud-Kivu. »
Il a insisté sur la nécessité d’éviter les confusions terminologiques souvent observées dans les productions médiatiques.
« Il fallait éviter toutes les erreurs de terminologie que nous, journalistes, utilisons parfois à tort et à travers. »
Au-delà de l’information, il estime que les journalistes doivent jouer un rôle moteur dans la transformation des comportements.
« Nous ne devons pas seulement nous limiter à l’information. Nous avons un rôle très capital dans la sensibilisation de la population et aussi dans l’incitation à l’action pour des pratiques écologiques au niveau des habitants. »
Selon lui, cette formation intervient à un moment opportun.
« Nous étions déjà engagés dans l’information et la sensibilisation environnementale au sein de Terra Nova RDC. Cette formation est venue nous encourager à continuer les activités que nous menons », a indiqué Deogratias Cubaka.
De son côté, Emmanuella Bahindwa, journaliste chez Watoto News et participante à l’atelier, affirme que cette formation a renforcé sa conviction quant au rôle des médias dans la protection de l’environnement.
« Cette formation m’a davantage édifiée. Elle m’a rappelé que les journalistes ont un grand rôle à jouer dans la protection de l’environnement à travers leurs publications », a-t-elle déclaré.
Elle s’est engagée à intégrer davantage les enjeux environnementaux dans ses productions.
« Je m’engage à inclure davantage les questions liées aux enjeux environnementaux dans mes publications, mes articles et même mes vidéos, et à partager les acquis de cette formation au sein de ma rédaction. »
La formation s’est ainsi clôturée par la formulation de recommandations et d’engagements concrets des participants. Pendant deux jours, ces 20 journalistes de Bukavu ont renforcé leurs capacités pour mieux informer, sensibiliser et inciter à l’action en faveur de la protection de l’environnement au Sud-Kivu.

