La ville de Bukavu, au Sud-Kivu, connaît depuis quelques jours une hausse préoccupante du prix du carburant, aussi bien dans les stations-service que chez les revendeurs communément appelés « Kadafi ».
Ce mardi 7 avril 2026, des agents de stations-service et des détaillants interrogés expliquent cette situation par des perturbations de l’approvisionnement liées notamment aux tensions internationales, notamment en Iran, qui affectent la chaîne d’approvisionnement mondiale.
Actuellement, le prix du litre de carburant oscille autour de 5.000 francs congolais, contre 3 200 à 3.500 FC il y a à peine deux jours. Une augmentation brutale qui inquiète les opérateurs du secteur.
« Nous n’avons plus de stock. Le Rwanda, qui nous approvisionne habituellement, fait également face à une pénurie. Là-bas, le litre se vend déjà à près de 8.000 francs congolais. La situation est grave », explique Pascal Balezi, agent de station-service.
Il ajoute que les tentatives d’approvisionnement via le Kenya ont créé des tensions logistiques et financières, notamment avec le Rwanda, qui constituait jusque-là le principal circuit d’importation.
Face à la rareté du produit, certaines stations annoncent déjà des mesures restrictives.
« Nous allons limiter la vente aux détaillants et gérer le peu de stock restant. Si la situation persiste, certaines stations pourraient fermer. Le prix pourrait atteindre 8 000 voire 10.000 FC dans les prochains jours », prévient-il.
Du côté des revendeurs, la pression est également forte.
Jack Aganze, un « kadafi », témoigne : « Avant-hier, nous achetions le litre à 3.500 FC, hier à 4.500 FC, et aujourd’hui à 5.000 FC. Nous sommes obligés de revendre entre 7.000 et 8.000 FC pour survivre. »
Il appelle les autorités à intervenir rapidement, soulignant que cette situation rend les conditions de vie de plus en plus difficiles pour la population.
Cette flambée du carburant a un impact direct sur le coût du transport en commun dans la ville.
« Avant, nous achetions le carburant à environ 3.200 à 3.500 FC. Aujourd’hui, c’est entre 5.500 et 6.000 FC. Nous n’avons pas d’autre choix que d’augmenter le prix de la course. Par exemple, le trajet Nyawera–Nguba est déjà passé à 1.000 FC. », explique Valerie Mushagalusa, chauffeur de taxi.
Même constat pour Eric Cirhuza.
« La course Nyawera–Bagira coûte désormais 2.000 FC. Les clients pensent que c’est de notre faute, alors que nous subissons aussi cette hausse. »
Les acteurs du secteur du transport appellent, eux aussi, les autorités compétentes à agir rapidement pour stabiliser les prix et éviter une aggravation de la situation socio-économique dans la ville.
