La salle du Comedy Club de Bukavu a accueilli, samedi 21 mars 2026, le spectacle théâtral « Le procès de la poubelle », une initiative de la Coopération suisse en consortium avec des slameurs, comédiens et humoristes locaux. Cette représentation s’inscrit dans la campagne de sensibilisation du “mois vert”, portée par le programme « Bukavu ville verte ».
Devant plus de 200 spectateurs venus des trois communes de la ville, les artistes ont livré une performance immersive, interpellant le public sur sa responsabilité dans la dégradation environnementale.
À travers une mise en scène symbolique, ils ont rappelé comment Bukavu, autrefois surnommée “ville verte”, est progressivement devenue une “ville poubelle”, envahie par des déchets visibles partout et marquée par le recul des pratiques de protection de l’environnement.
Initiateur de la campagne, Thomas Jenatsch, Directeur de la Coopération suisse, explique que l’objectif est de mobiliser les citoyens et de susciter une prise de conscience collective.
Selon lui, l’art constitue un levier efficace pour rassembler et sensibiliser largement. Il souligne que la gestion des déchets demeure un défi majeur pour l’assainissement de Bukavu, justifiant le recours à des approches culturelles pour engager les communautés.
Sur scène, les artistes ont incarné différentes facettes de cette crise écologique. Joyeux Bin Kabodjo a interprété un père endeuillé, ayant perdu sa famille dans des inondations provoquées par le déversement de déchets plastiques et autres dans le lac Kivu. Espoir Bulangalire, quant à lui, a personnifié une poubelle devenue presque inexistante dans la ville.
La slameuse Patricia Kamosso s’est glissée dans la peau de la nature (mer, lac, rivières et caniveaux) étouffée par les déchets. À travers son texte, elle a illustré comment ces milieux, obstrués, sont contraints de se frayer de nouveaux passages, entraînant des pertes en vies humaines et des dégâts matériels.
Le duo Jospin de Mars et Gloire Taylord a, de son côté, incarné des videurs de poubelles, décrivant la réalité des quartiers pendant la saison des pluies. Ils ont mis en lumière la transformation des habitations et lieux de travail en dépotoirs, avec pour conséquences la recrudescence du paludisme, de la fièvre typhoïde et d’autres maladies liées à l’insalubrité.
À l’issue de la représentation, le public a salué l’initiative et plaidé pour sa diffusion dans d’autres espaces publics, dans toutes les communes de Bukavu et à travers le pays. Les spectateurs ont également recommandé une adaptation en swahili afin de toucher un public plus large.
Dans le cadre du “Mois Vert”, cette campagne se veut un signal d’alerte adressé à la conscience collective, avec l’ambition de redonner à Bukavu son image de ville verte, respectueuse de l’environnement et propice à un cadre de vie sain.

