Une mobilisation communautaire a été organisée samedi 28 mars 2026 au site mémorial des femmes de Nguba, à Bukavu, pour marquer la clôture du mois dédié aux droits des femmes. Acteurs de la Société Civile, autorités locales, femmes issues de diverses organisations et citoyens engagés se sont réunis autour d’un travail communautaire, dit « salongo », visant à assainir et protéger ce lieu symbolique.
Cette activité s’inscrit dans une série d’actions menées tout au long du mois de mars. Après une première intervention le 14 mars, ce deuxième salongo avait pour objectif de rendre le site propre et digne, tout en réaffirmant son importance en tant que symbole de la vie et de la mémoire des femmes victimes de l’insécurité en République démocratique du Congo.
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Secrétaire exécutive du Caucus des femmes pour la paix au Sud-Kivu, Solange Bashiga a souligné la portée de cette mobilisation.
« Ce site mémorial, c’est un site qui doit être protégé parce qu’il symbolise la vie. La femme donne la vie et la protège. C’est donc un site qui ne doit en aucun cas être spolié », a-t-elle déclaré.
Elle a rappelé que cette initiative bénéficie d’un accompagnement multi-acteurs, incluant les médias et les autorités provinciales. La présence de la maire adjointe de Bukavu, venue participer aux travaux et apporter des plantules pour le reboisement du site, a été perçue comme un signal fort d’engagement institutionnel.

« Cette présence des autorités montre qu’elles sont d’accord avec nous que ce site doit être protégé », a insisté Solange Bashiga, évoquant également les assurances du gouverneur de province.
« Il nous a dit que ce site ne sera jamais spolié tant qu’il est en fonction et qu’un monument professionnel y sera érigé avec l’accompagnement du gouvernement provincial », a-t-elle ajouté.
Dans cette perspective, un projet de concours artistique est en préparation afin de définir le type de monument à ériger. Les femmes sont appelées à proposer des idées qui seront soumises à une sélection d’artistes locaux, dans le but de concevoir une œuvre reflétant les réalités et les luttes des femmes congolaises.
Solange Bashiga a également souligné la dimension internationale du site mémorial.
« À travers le monde, plus de 42 pays connaissent l’existence de ce site. Pour moi, c’est un patrimoine mondial », a-t-elle affirmé, appelant à un engagement continu pour sa préservation.
Elle a lancé un appel à la mobilisation des femmes de tous les secteurs.
« Lorsque vous entendez l’appel pour un salongo, laissez vos occupations pendant deux heures et venez. C’est un devoir de mémoire pour ces vies humaines perdues », a-t-elle exhorté.
De son côté, Mathilde Muhindo, membre de la coalition des femmes défenseures des droits humains, a salué l’implication des autorités locales.
« Nous avons le soutien de la maire adjointe qui est venue faire ce salongo avec nous et nous a amené des plantules. C’est une collaboration que nous voulons voir se poursuivre », a-t-elle indiqué.
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Elle a également rappelé la continuité des efforts environnementaux sur ce site.
« Nous poursuivons aujourd’hui le travail commencé en 2010. Seize ans après, c’est la preuve d’un engagement durable des femmes pour la protection de l’environnement et de ce site mémorial », a-t-elle souligné.
Les organisateurs annoncent la poursuite de ces activités communautaires et de plaidoyer jusqu’à la concrétisation du projet de monument. Un calendrier des prochains Salongo sera partagé avec les médias afin de renforcer la participation citoyenne.
Ces actions s’inscrivent dans le cadre des activités organisées à Bukavu durant le mois de mars 2026, consacré à la promotion des droits des femmes, et qui s’achève le 31 mars.

