Dix tonnes de tilapias avariés ont été détruites par l’Office Congolais de Contrôle (OCC) au poste frontalier de Kasumbalesa, situé à 90 km de Lubumbashi dans le Haut-Katanga. Cette opération, qui concerne une cargaison de 1.000 cartons en provenance de Chine via la Zambie, met en lumière les risques sanitaires liés à la consommation de produits alimentaires détériorés, particulièrement dans la ville de Bukavu.
Selon le communiqué de l’OCC publié le mercredi 18 mars 2026, la cargaison a été jugée impropre à la consommation après une rupture de la chaîne de froid du véhicule.
Pour évaluer les dangers pour la population, La Prunelle RDC s’est entretenue avec le Docteur Dieu-merci Bisimwa Mangara, médecin résident aux Cliniques Universitaires de Bukavu, département de médecine interne. Il explique que les produits avariés, encore largement disponibles dans les pays à faibles revenus comme la RDC, exposent les consommateurs à des maladies d’origine microbienne, parasitaire ou virale.
« La consommation de ces produits prédispose à des troubles digestifs tels que douleurs abdominales, vomissements, diarrhées… », précise le Dr Bisimwa. Il ajoute que les malades ont souvent tendance à attribuer ces symptômes à un empoisonnement, accusant parfois leurs proches.
Le médecin indique que dans les hôpitaux de Bukavu, on recense environ 3 à 4 cas d’intoxication alimentaire ou toxi-infection chaque quinzaine liés à la consommation de produits avariés. Toutefois, certains cas passent inaperçus, soit parce que les patients consultent des tradipraticiens, soit en raison de limites techniques et d’équipements insuffisants pour diagnostiquer ces maladies.
Face à cette situation, le Docteur Bisimwa lance un appel aux commerçants : « Prenez en considération la valeur humaine et ne vous focalisez pas uniquement sur vos intérêts. N’exposez pas les consommateurs à des produits périmés ou mal conservés. Achetez vos produits auprès de personnes dignes de confiance et assurez-vous de disposer des moyens de conservation appropriés. »
Il plaide également pour l’implication des autorités étatiques et des services de contrôle afin de protéger la population contre les risques liés aux produits avariés.
Enfin, le médecin exhorte les habitants de Bukavu à vérifier systématiquement la date de péremption des produits alimentaires, cosmétiques et médicamenteux, et à observer l’apparence et l’odeur des produits.
« Servez-vous de l’odorat et de la saveur, et soyez attentifs aux textures inhabituelles, aux décolorations ou aux moisissures. N’hésitez jamais à dénoncer les commerces vendant des produits avariés. »

