Le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa a décliné une offre de financement sanitaire estimée à 367 millions de dollars provenant des États-Unis, privilégiant la souveraineté nationale face à des clauses jugées sensibles pour la sécurité économique et les données stratégiques du pays.
Ce financement, présenté comme le plus important investissement sanitaire international potentiel pour le Zimbabwe ces dernières années, aurait été assorti de conditions controversées.
Selon les autorités zimbabwéennes, Washington demandait notamment un accès étendu à des données épidémiologiques nationales, incluant des informations sensibles sur la santé publique et des échantillons biologiques liés à la surveillance des pathogènes.
Harare a également exprimé des inquiétudes concernant des clauses susceptibles d’affecter l’accès aux ressources minières stratégiques du pays, dont certains gisements sont considérés comme essentiels pour le développement économique à long terme du Zimbabwe.
Le secrétaire à l’information, Nick Mangwana, a déclaré que tout partenariat international doit respecter les principes de transparence, de bénéfice mutuel et de respect de la souveraineté nationale.
Les autorités zimbabwéennes ont indiqué être prêtes à poursuivre indépendamment la lutte contre des maladies comme le VIH, la tuberculose et le paludisme, qui restent des défis majeurs de santé publique dans le pays.
Cette situation s’inscrit dans le cadre de la politique dite « America First » appliquée aux programmes de coopération sanitaire, une approche perçue par certains partenaires comme plus transactionnelle que les anciens mécanismes d’aide internationale.
L’United States Agency for International Development (USAID) a, dans certains contextes africains, proposé des accords impliquant un partage de données sanitaires et une coopération économique liée à l’aide.
Si plusieurs pays africains ont accepté des accords similaires, dont le Nigeria, d’autres États restent prudents face aux exigences contractuelles.
Le Kenya a notamment suspendu un projet analogue après des contestations judiciaires liées à la protection des données sanitaires.
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En choisissant de décliner cette offre, le Zimbabwe affirme sa volonté de préserver le contrôle de ses informations sensibles et de ses ressources stratégiques tout en poursuivant ses propres politiques de santé publique.

