Ghana : l’État lance le raffinage local de l’or pour capter plus de valeur, d’emplois et de devises

Le Ghana Gold Board (GoldBod)

Le Ghana, l’un des principaux producteurs d’or d’Afrique, amorce un tournant stratégique dans la gestion de sa principale richesse minière. Le Ghana Gold Board (GoldBod) a signé un accord majeur avec la société égyptienne Gold Coast Refinery Limited afin de raffiner désormais l’or sur le sol national, mettant fin à des décennies d’exportation quasi exclusive de minerai brut.

À partir du 1er février 2026, l’accord prévoit une capacité initiale de raffinage d’une tonne métrique par an, marquant le début d’une nouvelle phase d’industrialisation du secteur aurifère, selon l’agence publique Ghana News Agency.

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Jusqu’ici, le pays ne captait qu’une fraction de la valeur de sa production.

« Environ 99,9 % de notre or a été exporté sous forme brute », a reconnu Sammy Adu Gyamfi, directeur général de GoldBod, lors de la cérémonie de signature de l’accord. Le Ghana dépendait alors largement des raffineries étrangères, notamment situées à Dubaï, en Suisse et en Inde, ce qui entraînait une perte substantielle de valeur ajoutée et de devises.

L’accord signé entre Sammy Adu Gyamfi et le Dr Said Deraz, directeur général de Gold Coast Refinery, va bien au-delà d’une simple sous-traitance.

Il prévoit notamment une participation gratuite de 15 % de l’État ghanéen dans les bénéfices générés par la raffinerie.

En rapatriant le processus de transformation, le gouvernement entend accroître les recettes fiscales et les dividendes publics, renforcer les réserves de devises et stabiliser la monnaie nationale, créer des emplois directs grâce à un raffinage continu et garantir la traçabilité complète de l’or extrait au Ghana.

Le projet bénéficie d’un soutien technique de Rand Refinery, la seule raffinerie africaine accréditée par la London Bullion Market Association (LBMA).

Ce partenariat est crucial pour permettre au Ghana d’obtenir sa propre certification LBMA, indispensable pour que ses lingots soient acceptés sans restriction sur les marchés internationaux.

Les lingots produits porteront les marques de la Bank of Ghana et de la Ghana Standards Authority, renforçant la crédibilité et la traçabilité du métal précieux ghanéen.

Dans sa phase initiale, le dispositif ciblera prioritairement l’or issu des mines artisanales et à petite échelle. Toutefois, le gouvernement a déjà engagé des discussions avec la Chambre des Mines du Ghana afin d’intégrer à terme les grandes sociétés minières internationales opérant dans le pays.

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« Les millions de dollars que nous versions chaque année à des raffineries étrangères resteront désormais dans notre économie », a déclaré M. Gyamfi.

Pour le Ghana, l’or ne sera plus seulement exporté : il devient désormais un levier de transformation industrielle, de souveraineté économique et de création de richesse nationale.

Joseph Aciza

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