Depuis décembre dernier, les habitants de la chefferie de Mulongo (Haut-Lomami) subissent les incursions répétées d’éléphants échappés du Parc National de l’Upemba (PNU), détruisant les cultures et plongeant les populations dans une insécurité alimentaire et physique préoccupante.
Les groupements de Kakombo, Kabumbulu et Ngoyi Manyi (secteur de Badia) ont été particulièrement touchés. Dans les villages de Kabwe Ndalewe et Katshimpwe, plusieurs hectares de champs ont été piétinés en une seule nuit, compromettant les récoltes et menaçant directement les moyens de subsistance des familles agricoles locales.
Malgré des rapports transmis aux autorités administratives, coutumières et aux services de conservation, les habitants dénoncent une inertie totale, exprimant un sentiment d’abandon face à la destruction de leurs cultures.
Du côté du PNU, on attribue cette escalade à des tentatives de refoulement brutales. En décembre dernier, des éléphants auraient été visés par des armes de chasse dans la zone de Kyofwe, provoquant leur colère et modifiant leur trajectoire vers Ankoro.
« L’usage d’armes à feu contre les pachydermes est une infraction grave qui ne fait qu’aggraver le conflit », rappelle la direction du parc, insistant sur la coexistence comme seule solution durable.
Pour limiter les incidents, l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) et le PNU ont lancé une opération de pose de colliers GPS sur les éléphants. Ce suivi scientifique permettra de suivre les déplacements des troupeaux et de mettre en place un système d’alerte communautaire, mais il nécessitera au moins une année d’observation pour être pleinement efficace.
L’éléphant bénéficie d’une protection intégrale en RDC (loi n°14/003) et par les conventions internationales (CITES, UICN), étant classé espèce en danger critique d’extinction. Mais sur le terrain, les familles de Mulongo craignent que la famine ne s’installe bien avant que les mesures de suivi scientifique ne portent leurs fruits.
La situation illustre la difficulté de concilier conservation de la faune et sécurité alimentaire, et souligne l’urgence d’une assistance immédiate aux communautés affectées pour éviter que la crise ne s’aggrave.

