À l’occasion de la Journée mondiale zéro déchet plastique, la problématique de la pollution plastique s’impose avec acuité au Sud-Kivu, où ses effets sont visibles jusque dans les rues de Bukavu, les marchés, les caniveaux et les eaux du lac Kivu. Au-delà d’un simple enjeu environnemental, c’est toute la santé publique, la dignité humaine et la justice sociale qui sont aujourd’hui en jeu.
Dans la ville de Bukavu, les déchets plastiques (sacs, bouteilles et sachets à usage unique) envahissent l’espace public. Ils obstruent les caniveaux, aggravent les inondations, polluent les sols et contribuent à la dégradation des berges du lac Kivu.
Lire aussi : Bukavu : l’artiste Mfalme Jeffrey lance “Salongo”, un appel citoyen à l’assainissement
Des études scientifiques alertent sur l’ampleur du phénomène : plusieurs milliers de kilogrammes de plastique seraient déversés chaque mois dans le lac du côté de Bukavu, menaçant la biodiversité aquatique ainsi que la chaîne alimentaire dont dépendent de nombreuses communautés locales.
Pour les habitants, les conséquences sont immédiates : odeurs nauséabondes, inondations à répétition, risques sanitaires accrus et détérioration du cadre de vie. Cette situation alimente également un sentiment croissant de perte de contrôle sur l’environnement urbain.
Face à ce constat, des voix s’élèvent pour appeler à une mobilisation urgente et collective.
Acteur engagé pour l’environnement et le développement durable, Bahati Mpaswa Dieudonné estime que le moment est venu de transformer les discours en actions concrètes.
« Il faut agir sur plusieurs fronts : refuser les plastiques à usage unique, promouvoir des alternatives durables comme les sacs en tissu, les paniers ou les matériaux biodégradables, et renforcer la sensibilisation dans les écoles, les quartiers et les organisations de base », plaide-t-il.
Selon lui, faire du Sud-Kivu un modèle de transition écologique en République démocratique du Congo n’est plus une utopie, mais une nécessité stratégique.
La province dispose d’atouts importants, notamment une jeunesse engagée et des initiatives innovantes portées par des organisations locales. Certaines expérimentent déjà des solutions alternatives telles que le recyclage, le compostage, la production de braises écologiques ou encore la restauration des paysages.
Ces efforts démontrent qu’un Sud-Kivu « zéro déchet plastique » est envisageable, à condition d’un engagement renforcé des autorités publiques, des commerçants et des citoyens.
Au-delà des actions techniques, la lutte contre la pollution plastique soulève une question fondamentale de justice environnementale.
Garantir un environnement sain, c’est permettre à chaque femme, chaque homme, chaque jeune et chaque enfant de vivre dignement, de respirer un air sain, de se nourrir et de travailler dans des conditions respectueuses de la santé et de l’écosystème.
Lire aussi : Bukavu : des jeunes mobilisés pour protéger l’environnement
Réduire l’usage du plastique ne relève pas d’une simple campagne symbolique. Il s’agit d’un investissement pour l’avenir : plus de santé, plus de sécurité alimentaire et plus de dignité pour les générations présentes et futures.
Au Sud-Kivu, la transition vers un modèle « zéro déchet plastique » apparaît désormais comme un défi collectif… mais aussi comme une opportunité de transformation durable.
