À l’occasion de la Journée Zéro Discrimination, célébrée le 1er mars 2026, ONUSIDA exhorte les États à placer l’humain au cœur des systèmes de santé et à démanteler les barrières juridiques et sociales qui entravent encore l’accès aux soins liés au VIH.
Alors que l’objectif mondial d’éliminer le sida d’ici 2030 se rapproche, l’agence onusienne met en garde contre une discrimination persistante qui freine les progrès accomplis grâce aux avancées médicales.
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Selon les dernières données recueillies auprès de 30.000 personnes dans 25 pays, 85 % des personnes vivant avec le VIH déclarent subir une stigmatisation intériorisée. Ce sentiment de honte ou de dévalorisation pousse certains patients à cacher leur statut sérologique, voire à interrompre leur traitement.
L’ONUSIDA souligne également que les établissements de santé, censés offrir protection et soins, deviennent pour une personne sur quatre des lieux de discrimination.
« La discrimination dans les soins de santé n’est pas seulement une violation des droits humains, c’est un obstacle direct à la fin de l’épidémie », insiste l’organisation.
La situation apparaît particulièrement préoccupante pour les femmes et les filles. Dans les 23 pays étudiés, l’ensemble des femmes interrogées déclarent avoir subi une forme de coercition au cours de l’année écoulée, notamment en matière de procréation. Entre violences basées sur le genre et stigmatisation médicale, elles font face à des obstacles multiples dans l’accès aux services de santé.
Pour atteindre l’objectif d’élimination du sida, l’ONUSIDA identifie quatre priorités :
- L’urgence législative : abroger les lois qui criminalisent le travail du sexe, l’usage de drogues ou les relations entre personnes de même sexe, afin de rapprocher les populations vulnérables des services de prévention et de traitement.
- La protection des droits en milieu de soin : garantir la confidentialité et former les professionnels de santé à une approche sans discrimination.
- La promotion du principe I=I (Indétectable = Intransmissible) : rappeler qu’une personne sous traitement efficace ne transmet pas le virus.
- Le renforcement des communautés : soutenir les organisations dirigées par les personnes concernées pour offrir des services de proximité adaptés et respectueux.
En ce 1er mars, le message est sans équivoque : le VIH demeure un enjeu de santé publique, non une question morale. L’ONUSIDA appelle gouvernements, employeurs et citoyens à institutionnaliser une politique de tolérance zéro face à toute forme de discrimination.
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Pour l’organisation, la fin du sida ne dépendra pas uniquement des progrès scientifiques, mais aussi des réformes juridiques, de l’éducation et d’un changement durable des mentalités au sein des sociétés.

