Dans le camp de Ramba situé dans la zone de santé de Bunyakiri en territoire de Kalehe, nombreuses femmes et jeunes filles déplacées vivent dans des conditions sanitaires précaires, particulièrement pendant leur période menstruelle. Même situation dans l’aire de santé de Numbi dans la zone de santé de Minova, où le manque d’infrastructures sanitaires adaptées expose les femmes à plusieurs risques pour leur santé.
Dans ces sites qui accueillent des populations affectées par l’insécurité et les déplacements forcés, les femmes expliquent qu’elles traversent des moments particulièrement difficiles pendant leurs période des menstrues. L’insuffisance de kits hygiéniques et l’absence d’installations sanitaires appropriées compliquent leur hygiène personnelle et portent atteinte à leur dignité.
Certaines femmes déplacées témoignent qu’elles sont contraintes d’utiliser des toilettes communes avec les hommes, faute d’infrastructures séparées. Cette situation crée non seulement un sentiment d’insécurité et de gêne, mais augmente également les risques d’infections. A cela s’ajoute le manque d’eau potable dans plusieurs zones du site, obligeant parfois les femmes à utiliser de l’eau souillée pour leur hygiène intime.
Dans ce contexte de crise économique et humanitaire persistante, l’accès aux produits d’hygiène reste très limité pour ces familles déplacées qui ont perdu leurs moyens de subsistance. Plusieurs femmes affirment ne pas avoir la possibilité d’acheter des protections hygiéniques. Certaines sont ainsi contraintes d’utiliser des tissus ou d’autres moyens improvisés, ce qui les expose à des maladies infectieuses et à des complications gynécologiques.
La situation est similaire dans l’aire de santé de Numbi, dans la zone de santé de Minova, où vivent également plusieurs familles déplacées. Selon certaines femmes rencontrées dans cette zone, plusieurs d’entre elles souffrent régulièrement de maladies gynécologiques liées au manque de protection hygiénique et aux conditions sanitaires difficiles.
Face à ces défis, les structures sanitaires locales tentent d’apporter un accompagnement aux femmes malgré les ressources limitées. Au centre de santé de Ramba, les personnels soignants organisent régulièrement des séances de sensibilisation sur la santé reproductive et sexuelle, notamment lors des consultations prénatales. Ces séances permettent d’informer les femmes sur les bonnes pratiques d’hygiène et sur la prévention de certaines infections, même dans un contexte humanitaire complexe.
Toutefois, les prestataires de santé soulignent que les besoins restent importants, notamment en matière de kits hygiéniques, de latrines adaptées aux femmes et d’accès à l’eau potable dans les sites de déplacement.
Lire aussi : Sud-Kivu : L’insécurité asphyxie le système de santé à Kabare, Walungu et Kalehe
Par ailleurs, dans certaines localités de Ramba, des habitants commencent progressivement à retourner dans leurs villages d’origine après plusieurs mois de déplacement. Cependant, les conditions de vie restent encore précaires et les besoins humanitaires demeurent importants.
Les acteurs locaux appellent ainsi à un renforcement de l’assistance humanitaire afin d’améliorer les conditions d’hygiène et de santé des femmes et des jeunes filles affectées par la crise.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencija.


