Kenya : Craig, un emblématique éléphant décède à 54 ans

Journée mondiale de l’éléphant : des menaces toujours plus graves pour ces espèces emblématiques
un éléphant (Ph. Tiers)
Le parc national d’Amboseli a perdu son patriarche. Craig, l’un des derniers « super tuskers » du continent, s’est éteint de causes naturelles. Plus qu’une icône touristique, ce géant aux défenses de marbre était devenu le porte-étendard de la lutte contre le braconnage au Kenya.

Dans un communiqué du 3 janvier 2026, le Kenya Wildlife Service (KWS) a confirmé la nouvelle avec émotion : Craig, majestueux pachyderme de 54 ans, a poussé son dernier souffle samedi dernier au cœur des plaines d’Amboseli, au sud du pays. 
Ce mâle de six tonnes n’était pas un éléphant ordinaire. Il appartenait à la caste rarissime des « super tuskers », ces seigneurs de la savane dont les défenses, d’une longueur prodigieuse, effleurent le sol à chaque enjambée.
Réputé pour son tempérament d’une sérénité absolue, Craig s’était habitué à la présence humaine. Il offrait régulièrement aux visiteurs le spectacle saisissant de sa silhouette monumentale se découpant sur les vastes prairies bordant la frontière tanzanienne. « Sa dignité et son calme étaient légendaires », souligne le communiqué officiel du KWS.
Pour les défenseurs de l’environnement, sa longévité est une victoire symbolique. Dans un continent où l’ivoire reste une cible, que Craig ait pu vivre sa vie entière à l’état sauvage est la preuve du succès des efforts kényans. Sous la surveillance de l’Amboseli Trust for Elephants, il a pu vieillir à l’abri des fusils, s’éteignant finalement sous le seul poids des années.
Le destin de Craig s’inscrit dans une dynamique nationale encourageante. Les chiffres officiels les plus récents témoignent d’une croissance spectaculaire : la population de pachydermes au Kenya a bondi de 36 280 individus en 2021 à plus de 42 000 en 2025.
Ce succès démographique pose d’ailleurs de nouveaux défis de cohabitation. En 2024, le surpeuplement dans certaines zones, comme la réserve de Mwea, a contraint les autorités à orchestrer la relocalisation complexe d’une centaine de spécimens pour préserver l’équilibre des écosystèmes.
Si le colosse ne foulera plus la terre rouge d’Amboseli, son empreinte demeure. Craig laisse derrière lui une vaste progéniture, assurant la transmission de son patrimoine génétique et de son caractère paisible aux futures générations. 
Pour le Kenya, Craig ne meurt pas tout à fait ; il entre dans l’histoire comme le symbole d’une faune qui, protégée, retrouve enfin son droit au temps long.

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