Au moins cinq centres de santé ont suspendu leurs activités dans le groupement Mwenye, en territoire de Lubero, à la suite de la persistance de l’insécurité attribuée aux rebelles des Allied Democratic Forces (ADF), selon des sources sanitaires locales.
Cette décision concerne les centres de santé de Mausa, Pombi, Mandelya, Musenge, ainsi que le Centre de Santé de Référence de Masoya, auxquels s’ajoutent plusieurs postes de santé. La fermeture de ces structures prive désormais des milliers d’habitants de l’accès aux soins de base, en particulier les femmes enceintes, les enfants et les personnes vulnérables.
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Selon Muhindo Mudekwa Jérémie, infirmier titulaire de l’aire de santé de Ngubi, cette suspension est liée à la multiplication des incursions armées dans les villages du groupement Mwenye, marquées par des violences contre les civils.
« Plusieurs formations sanitaires ne sont plus fonctionnelles dans notre entité. Les infirmiers, les malades et leurs accompagnants se sont dirigés, pour la plupart, vers Butembo afin de se mettre à l’abri », a-t-il déclaré.
Le responsable sanitaire précise que la reprise des activités dépendra du rétablissement effectif de la sécurité dans la zone.
Cette situation intervient dans un contexte déjà très tendu, après la mort de plus de vingt civils en l’espace de dix jours dans cette partie du territoire de Lubero, selon des sources locales.
Face à cette détérioration de la situation humanitaire et sanitaire, plusieurs acteurs communautaires appellent les autorités congolaises à accorder à la menace des ADF le même niveau d’attention et de réponse que celle mobilisée contre d’autres groupes armés actifs dans la région.

