OMS-États-Unis : l’organisation rejette les accusations américaines et affirme que « l’inverse est vrai »

Les États-Unis ont quitté l'OMS suite à un décret de Donald Trump invoquant l'inefficacité de l'agence face aux crises précédentes. Ce retrait entraîne la suspension de 18 % du budget de l'organisation et le non-paiement de 260 millions de dollars de... Denis Balibouse

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a officiellement réagi, samedi, à la décision des États-Unis de se retirer de l’institution onusienne, dénonçant des accusations « infondées » et mettant en garde contre les conséquences de cette rupture pour la sécurité sanitaire mondiale.

Dans un communiqué ferme mais diplomatique, l’agence basée à Genève estime que ce retrait affaiblira la capacité du monde à prévenir et à gérer les crises sanitaires, dans un contexte déjà marqué par la multiplication des pandémies, la résistance aux antimicrobiens et les menaces sur la sécurité alimentaire.

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Membre fondateur et principal contributeur de l’OMS depuis sa création, les États-Unis ont joué un rôle central dans les plus grandes victoires de santé publique du XXᵉ et du XXIᵉ siècle, de l’éradication de la variole à la lutte contre le VIH, Ebola et la poliomyélite.

Pour l’OMS, le départ de Washington crée un vide stratégique qui risque de fragiliser les mécanismes de prévention et de réponse rapide aux crises sanitaires mondiales.

« L’inverse est vrai »

L’administration américaine accuse l’OMS d’avoir politisé son action, d’avoir porté atteinte à l’image des États-Unis et d’avoir été influencée par certains États, notamment la Chine. Une version catégoriquement rejetée par l’organisation.

« L’inverse est vrai », affirme l’OMS, qui soutient avoir agi de manière impartiale et dans le strict respect de la souveraineté de ses 194 États membres. Elle rejette toute accusation de dépendance politique ou d’instrumentalisation par des puissances étrangères.

La gestion de la pandémie de Covid-19 demeure le principal point de friction entre Washington et Genève. Alors que les autorités américaines dénoncent des défaillances et un manque de transparence, notamment vis-à-vis de la Chine, l’OMS défend son action.

L’organisation rappelle avoir émis une première alerte le 31 décembre 2019 et avoir déclaré l’urgence de santé publique internationale alors que moins de 100 cas étaient recensés hors de Chine. Elle insiste également sur le fait qu’elle n’a jamais imposé de confinements ni de politiques vaccinales, ces décisions relevant exclusivement des gouvernements nationaux.

« Nous n’avons pas tout fait parfaitement, mais nous avons agi rapidement et de manière transparente », plaide l’agence.

Le Conseil exécutif de l’OMS doit examiner les modalités du retrait américain à partir du 2 février, avant que la question ne soit débattue lors de l’Assemblée mondiale de la Santé en mai. 

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Malgré la gravité de la situation, l’OMS affirme rester ouverte à un retour des États-Unis dans les discussions, notamment au moment où les États membres négocient de nouveaux accords sur la prévention et la détection des agents pathogènes.

Pour l’agence onusienne, l’enjeu dépasse la politique : il touche directement au droit fondamental à la santé pour tous.

Joseph Aciza

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