L’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo a déclaré recevables, ce mardi 7 avril, deux projets de loi autorisant la ratification d’accords de prêt d’un montant global de 150 millions de dollars américains conclus avec la Banque arabe pour le développement économique en Afrique.
Cette étape législative ouvre la voie au lancement de vastes projets d’infrastructures rurales et à la mise en place d’incubateurs pour les petites et moyennes entreprises agricoles à travers le pays.
Lire aussi : RDC : Daniel Bumba plaide pour un appui agricole et aquacole à Kinshasa
Les textes ont été envoyés en commission mixte pour un examen accéléré, traduisant la volonté des autorités de faire du désenclavement des zones rurales un levier stratégique de la souveraineté alimentaire.
Présentés par le ministre des Finances, Doudou Fwamba, ces accords impliquent également d’autres partenaires financiers, notamment le Fonds international de développement agricole et le Fonds de l’OPEP pour le développement international.
Le premier projet, le Programme d’Appui au Développement rural inclusif et résilient (PADRIR), est doté de 70 millions USD. Il vise à améliorer l’accessibilité dans plusieurs provinces enclavées, notamment le Maniema, la Lomami, le Kasaï-Central et le Kasaï-Oriental.
Le programme prévoit la réhabilitation de 980 kilomètres de routes, avec une priorité accordée à l’axe stratégique Kindu-Kasongo. À terme, plus de 1,2 million de personnes devraient bénéficier d’un meilleur accès aux marchés et aux services sociaux de base.
Le second projet, baptisé Projet d’Implantation des Incubateurs des PME Agricoles (PIIPME), dispose d’un financement de 16 millions USD.
Il prévoit l’installation de huit centres d’incubation dans le Nord-Kivu, le Tanganyika et le Kongo-Central. Ces structures accompagneront les jeunes et les femmes dans la transformation et la valorisation des filières agricoles, notamment le manioc, le maïs, le café et le cacao.
Lire aussi : Nord-Kivu et Ituri : le robusta comme levier de transformation économique rurale
Pour le gouvernement, il ne s’agit pas d’un simple endettement, mais d’un « investissement structurant » destiné à réduire la dépendance alimentaire et à renforcer l’équilibre territorial.
Toutefois, si cette avancée constitue une victoire politique pour l’exécutif, plusieurs défis demeurent. La rapidité de décaissement des fonds, la transparence dans la gestion et surtout la qualité de l’exécution sur le terrain seront déterminantes.
L’expérience passée montre que de nombreux projets en RDC souffrent de lourdeurs administratives et d’un manque de suivi.
L’accent mis sur la transformation locale, à travers les incubateurs, marque une évolution stratégique importante. Elle pourrait permettre de convertir le potentiel agricole du pays en richesse concrète pour les populations.
Mais sans un entretien rigoureux des routes réhabilitées, les efforts de désenclavement risquent de rester temporaires.
