« Les zones humides racontent bien plus qu’une histoire de nature. Elles sont le berceau de nos cultures, la mémoire vivante de nos communautés et un rempart silencieux pour notre avenir », souligne Ladislas Witanene Milenge, chargé des programmes au sein de la Congo Basin Conservation Society (CBDS), à l’occasion de la Journée mondiale des zones humides, célébrée chaque 2 février.
Cette date marque l’anniversaire de la Convention de Ramsar signée en 1971 pour la préservation des zones humides. L’objectif de cette journée est de sensibiliser à l’importance des écosystèmes comme marais, tourbières et mangroves, qui disparaissent trois fois plus vite que les forêts.
Selon Ladislas Witanene Milenge, ces zones humides en RDC constituent des écosystèmes essentiels à la fois sur le plan écologique et culturel. Elles abritent une biodiversité exceptionnelle, régulent le climat, purifient l’eau et soutiennent la vie de millions de personnes, tout en étant un patrimoine culturel vivant. Cependant, elles subissent aujourd’hui de fortes pressions : croissance démographique, urbanisation non planifiée, pollution, surexploitation des ressources et effets du changement climatique.
« Les zones humides de la RDC constituent de véritables trésors naturels et culturels. Leur état actuel est préoccupant : si rien n’est fait, nous risquons de perdre non seulement une richesse écologique, mais aussi une partie de notre identité culturelle », alerte-t-il.
Le thème 2026, retenu par les Nations Unies, « Zones humides et savoirs traditionnels : célébrer le patrimoine culturel », met en lumière le rôle des savoirs ancestraux dans la préservation de ces écosystèmes. Dans de nombreuses communautés, notamment au Sud-Kivu, les habitants ont développé des pratiques traditionnelles adaptées : pêche, agriculture, utilisation de plantes médicinales ou rites spirituels. Transmis oralement, ce patrimoine immatériel constitue une richesse culturelle majeure.
« Aujourd’hui, ces savoirs et ces milieux sont menacés. La déforestation, la pollution des eaux, l’extension anarchique des terres agricoles et l’érosion des traditions locales mettent en danger l’équilibre entre l’homme et la nature », déplore Milenge.
Il conclut : « Préserver les zones humides, c’est préserver notre identité collective, notre mémoire et l’avenir des générations futures. » Selon lui, la protection de ces écosystèmes passe nécessairement par l’implication des communautés locales, véritables gardiennes des savoirs et traditions.

