Depuis plus d’un mois, la fermeture de la route nationale numéro 3 (RN3), reliant Miti à Bitale à travers le parc national de Kahuzi-Biega, aggrave la crise humanitaire dans les entités de Kalonge et Bunyakiri, en territoire de Kalehe, au Sud-Kivu. L’enclavement routier prolongé entraîne une flambée des prix des denrées alimentaires, une pénurie de médicaments et une détérioration alarmante des conditions sanitaires, touchant des milliers de ménages.
Axe stratégique pour l’approvisionnement des marchés locaux et l’accès aux services sociaux de base, la RN3 constitue un lien vital entre plusieurs territoires du Sud-Kivu. Son impraticabilité continue isole les communautés riveraines, déjà fragilisées par l’insécurité et les déplacements forcés liés aux conflits armés, les plongeant dans une vulnérabilité accrue.
Lire aussi : Sud-Kivu : l’accès aux soins de santé gravement compromis à Kalehe, Kabare et Walungu
L’alerte est lancée ce vendredi 9 janvier 2026 par le mouvement citoyen OBAPG RDC, noyau de Kalonge. Selon cette structure citoyenne, l’interruption du trafic sur la RN3 a provoqué une hausse vertigineuse des prix des produits de première nécessité, une pénurie aiguë de médicaments ainsi qu’un manque criant de denrées alimentaires dans plusieurs villages de Kalonge et Bunyakiri.
Les ménages, déjà affectés par la pauvreté chronique et l’instabilité sécuritaire, peinent à accéder aux marchés et aux structures sanitaires. Cette situation limite fortement leur capacité à satisfaire les besoins essentiels, notamment l’alimentation et les soins de santé de base.
Sur le plan sanitaire, les conséquences de cet enclavement sont jugées préoccupantes. Plusieurs cas de malnutrition, en particulier chez les enfants, ainsi qu’une recrudescence du paludisme, ont été signalés dans différentes localités touchées. Les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes et les personnes âgées figurent parmi les groupes les plus exposés.
« La situation est dramatique. Les structures sanitaires manquent d’intrants médicaux, et les familles sont incapables de subvenir à leurs besoins médicaux les plus élémentaires », déplore Yoweli Nyabirungu, président de l’OBAPG RDC, noyau de Kalonge.
Cette situation met une nouvelle fois en lumière la fragilité des communautés rurales face aux chocs structurels, notamment l’enclavement routier, les conflits armés persistants et la forte dépendance aux axes d’approvisionnement extérieurs pour la survie quotidienne.
Face à la dégradation rapide des conditions de vie, l’OBAPG RDC, noyau de Kalonge, lance un appel pressant aux organisations non gouvernementales et aux agences humanitaires. Le mouvement citoyen sollicite une intervention urgente pour répondre aux besoins immédiats en nourriture, en soins de santé et en médicaments, afin de prévenir une aggravation de la crise et sauver des vies humaines.
Les populations locales, durement éprouvées, continuent d’attendre des réponses rapides, adaptées et proportionnelles à l’ampleur de l’urgence humanitaire qu’elles traversent.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali », un projet du consortium RATECO–REMEL, avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencija.

