La cité de Kamanyola, située dans la plaine de la Ruzizi, traverse une situation sanitaire alarmante depuis plus de deux semaines. Une augmentation significative des cas de paludisme, souvent accompagnés de toux et de symptômes grippaux, est signalée dans presque tous les quartiers de la cité.
Cette crise sanitaire survient dans un contexte sécuritaire déjà fragile, marqué récemment par des coups de feu et des détonations entendus dans la région. Une situation qui accentue la peur et la vulnérabilité des habitants.
Lire aussi : Sud-Kivu : l’escalade des conflits compromet la vaccination de routine des enfants
La prolifération massive des moustiques et des mouches atteint aujourd’hui un niveau préoccupant. Plusieurs habitants attribuent cette recrudescence des maladies à la dégradation avancée de l’environnement, notamment la présence d’ordures non évacuées et d’eaux stagnantes. D’autres évoquent, sur fond de rumeurs, de possibles effets indirects des explosions récemment entendues dans la plaine de la Ruzizi.
Quelles qu’en soient les causes exactes, le constat est le même : presque chaque ménage compte au moins un malade, tandis que les autres vivent dans la crainte d’être contaminés à leur tour.
Parmi les facteurs aggravants figurent la mauvaise gestion des déchets ménagers, la présence de puits et de caniveaux mal entretenus, ainsi que le manque de sensibilisation communautaire à la protection de l’environnement.
Contacté dans la nuit du jeudi 15 janvier 2026, Kahigo Charles, habitant de Kamanyola actuellement atteint du paludisme, témoigne : « J’ai beaucoup souffert de cette maladie. Ceux qui détruisent l’environnement doivent comprendre que leurs actes mettent des vies en danger. Le paludisme est une maladie grave et mortelle. »
De son côté, Christian Bugembe, représentant de la Synergie des intellectuels de Kamanyola, appelle à une prise de conscience collective.
« Il est temps de mettre en pratique ce que nous avons appris. Aucune école en RDC n’enseigne la destruction de l’environnement. Protéger la vie est un devoir. Je m’engage à sensibiliser la population au respect de l’environnement et à la survie communautaire. »
À l’échelle mondiale, le paludisme demeure l’une des maladies les plus meurtrières, causant chaque année des centaines de milliers de décès, parfois plus que certaines grandes épidémies comme la Covid-19, le choléra ou le VIH/Sida.
La situation actuelle de Kamanyola illustre une fois de plus le lien étroit entre insécurité, dégradation de l’environnement et crise sanitaire.
Aujourd’hui, la cité a un besoin urgent d’assistance sanitaire, environnementale et humanitaire. Protéger l’environnement, c’est protéger la vie. L’homme ne devrait jamais être l’artisan de sa propre destruction.

