Sud-Kivu : les populations déplacées font face  au manque des intrants agricoles 

crise agricole majeure au Sud-Kivu

Dans les territoires de Kalehe et Walungu au Sud-Kivu, les populations déplacées et les agriculteurs affectés par les conflits armés et les catastrophes naturelles font face à une crise silencieuse mais profonde. L’impossibilité de relancer les activités agricoles, pourtant essentielles à leur survie.

Dans le territoire de Kalehe, les déplacés internes manquent cruellement d’outils aratoires et de semences agricoles. Faute de moyens financiers et confrontés à une insécurité persistante qui limite l’accès à leurs champs, ils ne parviennent pas à reprendre les activités champêtres.

Lire aussi : Rutshuru : faible production agricole à Nyamilima, la grêle et la sécheresse pointées du doigt

Pourtant l’agriculture représente bien plus qu’une simple activité économique pour ces familles. Elle est un levier de résilience communautaire en période de crise humanitaire et économique. 

« Sans houes, sans semences et sans terres accessibles, toute tentative de reconstruction reste compromise », regrette une victime.

Une saison culturale sous pression à Kamanyola,

La situation n’est guère meilleure dans la plaine de la Plaine de la Ruzizi, particulièrement à Kamanyola. Malgré les pluies abondantes qui s’abattent sur la région, la saison culturale B s’annonce difficile pour de nombreux agriculteurs.

Ces derniers, pour la plupart victimes des conflits armés, dénoncent le manque de semences, d’outils aratoires et de ressources financières pour rémunérer la main-d’œuvre. Plusieurs personnes témoignent qu’il leur est désormais impossible d’exploiter de vastes étendues comme par le passé, lorsque la main-d’œuvre, majoritairement venue du Burundi, était abondante.

« Aujourd’hui, le peu de travailleurs disponibles, souvent en provenance du Rwanda, imposent des tarifs journaliers élevés, influencés par le taux de change et les réalités économiques de leur pays, ce qui désavantage fortement les agriculteurs locaux déjà fragilisés », s’indigne un retourné de guerre.

Malgré ces défis, les activités agricoles demeurent un pilier fondamental pour renforcer la résilience des communautés affectées par les conflits dans le Sud-Kivu.

Dans un entretien accordé au bulletin humanitaire Habari za Mahali, Patrice Lwabuguma, responsable de l’Organisation Institut pour la Gouvernance et Éducation Électorale, souligne que l’agriculture devrait constituer la principale stratégie pour réduire la dépendance à l’aide humanitaire. Il encourage également le développement de l’élevage et de la pêche comme alternatives économiques durables.

Lire aussi : Sud-Kivu : pénurie de semences et accès limité aux terres, une menace pour la saison culturale B

Face à l’insécurité, au manque d’intrants agricoles et à la rareté de la main-d’œuvre, les communautés de Kalehe et de Kamanyola se retrouvent à un tournant décisif. Un soutien ciblé en semences, en outils et en encadrement technique pourrait transformer l’agriculture en véritable moteur de résilience et de stabilisation sociale dans cette région durement éprouvée.

Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencija.

Claudel Mbuya

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.