La situation humanitaire se dégrade dangereusement dans la province du Sud-Kivu. Entre pénurie de médicaments causée par l’insécurité et précarité extrême des déplacés de guerre, les populations civiles, particulièrement les femmes enceintes et les enfants, paient le prix fort.
Dans le territoire de Kabare, l’insécurité imposée par les groupes armés a coupé les voies de ravitaillement médical. Au centre de santé de Kajeje, dans le groupement de Mudaka, les conditions d’accouchement sont qualifiées d’inhumaines.
Selon Ntamurhomukenyi Ndusha Landry, président du Parlement Populaire pour la Démocratie et la Bonne Gouvernance (PPDBG/Kabare), les mères et les nouveau-nés sont privés de soins postnataux essentiels.
« Faute d’accès aux médicaments, certaines mères accouchent à domicile, d’autres se tournent vers l’automédication traditionnelle ou les chambres de prière. Les conséquences sont tragiques : nous enregistrons des décès maternels et infantiles, ainsi que des avortements involontaires », déplore-t-il.
Plus loin, dans le territoire de Kalehe, les déplacés de guerre et les victimes d’inondations survivent dans un dénuement total. Sans abris, ils passent leurs nuits à la belle étoile, exposés aux intempéries et aux maladies.
Lors d’un entretien accordé à Habari za Mahali, ces sinistrés ont listé leurs besoins vitaux urgents : Logement et abris décents ; Accès à l’eau potable et à la nourriture mais aussi les Soins de santé d’urgence.
Ils lancent un appel pressant aux organisations humanitaires et aux personnes de bonne volonté pour recouvrer une dignité humaine.
Par ailleurs, depuis l’annulation de la gratuité de la maternité à Walungu, les femmes enceintes ne se rendent plus à l’hôpital. Ces dernières préfèrent accouchées à domicile sans aucune assistance de sages femmes avec tous les risques possibles. Ces femmes déplacées et retournées plaident pour une assistance d’urgence.
« Nous demandons aux humanitaires de nous venir en aide car c’est urgent. Même la CPN est devenue payante. L’une des causes de mortalité élevée actuellement », lance un habitant.
Le Bureau de Coordination de la Société Civile a alerté sur une rupture généralisée des stocks d’intrants médicaux, touchant même la ville de Bukavu.
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Maître Maurice Mirindi, rapporteur adjoint de cette structure, souligne que le personnel soignant est aujourd’hui désarmé face à l’afflux de patients :
« Les malades n’ont plus accès à une prise en charge adéquate. Les soignants ne savent plus à quel saint se vouer. »
Pour pallier cette crise, la Société Civile plaide pour l’ouverture immédiate de couloirs humanitaires. L’objectif est de permettre aux ONG, dont certaines ont suspendu leurs activités, de ravitailler les structures sanitaires des territoires de Kabare, Walungu et Kalehe, où l’on observe déjà une recrudescence d’épidémies.

