La province du Sud-Kivu fait face à une recrudescence préoccupante de l’épidémie de Mpox (variole du singe). Depuis le début de l’année 2026, plus de 1.300 cas ont été enregistrés, avec un décès confirmé, selon la Division provinciale de la santé (DPS).
Malgré cette hausse, les autorités sanitaires se veulent relativement rassurantes. Claude Bahizire, responsable de la communication à la DPS Sud-Kivu, indique que la dynamique de la maladie montre des signes de stabilisation.
« Il y a une évolution quand nous comparons la semaine qui vient de passer et la semaine antérieure. Nous sommes passés de 247 cas la semaine antérieure à 192 cas la semaine passée. Donc la courbe commence à régresser et c’est une bonne chose », a-t-il déclaré à La Prunelle RDC ce mardi 10 février 2026.
Toutefois, la vigilance reste de mise.
« Nous continuons à recenser beaucoup de cas malgré la connaissance de l’épidémie dans la province », prévient-il.
19 zones de santé déjà touchées
Sur les 34 zones de santé que compte le Sud-Kivu, 19 sont déjà affectées par l’épidémie. Les plus touchées sont notamment Miti-Murhesa, Nyangezi, Uvira, Nyatende, Kaziba, Kabare, Minova, ainsi que la commune de Kadutu, dans la ville de Bukavu.
Pour contenir la propagation du virus, la DPS a déployé des équipes de riposte chargées de la prise en charge médicale et psychologique, de la sensibilisation communautaire et des actions de prévention. Les autorités insistent sur le respect strict des règles d’hygiène et l’isolement rapide des cas suspects.
La DPS rappelle que le Mpox se transmet principalement par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée. Le contact sexuel est également un vecteur important, ce qui pousse les services de santé à recommander aux jeunes adultes d’éviter les relations sexuelles à risque.
Chez les femmes enceintes, le virus peut être transmis au fœtus à travers le placenta, exposant la mère et l’enfant à de graves complications.
« Pour le moment, le pays a déclaré que le Mpox n’est plus une urgence de portée internationale. Nous sommes donc en train de le prendre en charge en mode routine », explique Claude Bahizire.
Les autorités sanitaires précisent que les soins restent gratuits pour les malades. Les personnes testées positives sont internées, nourries et suivies médicalement aux frais de l’État.
La DPS appelle la population à se rendre immédiatement dans un centre de santé dès l’apparition de symptômes tels que des éruptions cutanées sur les mains, les pieds ou d’autres parties du corps, afin d’éviter la contamination au sein des familles et des communautés.
Le Sud-Kivu sort d’une année déjà marquée par une forte circulation du virus.
« L’année 2025 a fini avec 21.000 cas de Mpox, mais il y avait une bonne gestion, du fait qu’il y avait eu peu de cas de mortalité comparativement à l’année 2024 », rappelle Claude Bahizire.
Face à cette nouvelle flambée, les autorités sanitaires appellent à une mobilisation collective pour freiner la propagation du virus et protéger les populations les plus vulnérables.

