Sud-Kivu : plus de 8 000 cas de rougeole, l’urgence d’une vaccination de masse face à une riposte fragilisée

ROUGEOLE L’épidémie de rougeole continue de sévir dans la province du Sud-Kivu

La province du Sud-Kivu fait face à une recrudescence inquiétante de la Rougeole. Depuis le début de l’année 2026, plus de 8 000 cas ont été notifiés à travers la province, selon Joseph Matundanya, coordonnateur du Programme Élargi de Vaccination (PEV), cette épidémie généralisée dans toute la province.

Le responsable du PEV indique que les cas de rougeole sont désormais signalés dans les 34 zones de santé du Sud-Kivu, signe d’une propagation généralisée de la maladie.

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 « La rougeole n’a pas de traitement spécifique. La vaccination reste le seul moyen efficace de prévention », rappelle le Dr Joseph Matundanya.

L’organisation d’une campagne de vaccination de masse, soutient-il, apparaît comme une priorité urgente pour briser la chaîne de transmission. Cependant, cette initiative reste suspendue à la mobilisation des financements, dans un contexte marqué par une crise humanitaire et économique persistante.

La dégradation de la situation sécuritaire dans la province a fortement perturbé les campagnes de vaccination de routine, exposant davantage les enfants aux épidémies.

Dans le territoire de Kalehe, notamment dans les aires de santé de Nyabibwe, Bujuki et Mweha, la situation est particulièrement critique. Les structures sanitaires manquent d’intrants médicaux essentiels pour assurer une prise en charge adéquate des cas suspects.

Selon Mapenzi Akili, membre du comité de gestion de l’aire de santé de Nyabibwe, seul le centre hospitalier de Nyabibwe bénéficie de l’appui de Médecins Sans Frontières dans toute la zone.

Face à l’afflux de malades et à l’insuffisance de moyens, certains parents se tournent vers des traitements traditionnels, avec des conséquences parfois graves pour les enfants.

« Nous appelons les organisations à renforcer l’assistance médicale dans les centres de santé pour limiter la propagation de la maladie », plaide-t-il.

Les enfants issus de familles déplacées ou retournées figurent parmi les plus touchés par cette crise sanitaire.

Prise en charge gratuite à Kamanyola et appel au respect du calendrier vaccinal

A Kamanyola, dans le territoire de Walungu, une lueur d’espoir se dessine. Le Centre de santé de référence offre désormais une prise en charge gratuite aux enfants atteints de rougeole.

Les responsables sanitaires indiquent que cette mesure vise à renforcer la riposte face à cette maladie très contagieuse. Tous les cas suspects y sont pris en charge sans frais, conformément au protocole national.

Les équipes médicales insistent sur le respect du calendrier vaccinal, qui prévoit deux doses essentielles : à 9 mois ; puis à 15 mois.

« Nous appelons les parents à faire vacciner leurs enfants pour réduire la propagation de la maladie », souligne un prestataire de santé.

La situation actuelle met en évidence plusieurs défis majeurs : l’insuffisance des ressources financières pour organiser une vaccination de masse, la rupture d’approvisionnement en intrants médicaux dans plusieurs zones, les difficultés d’accès humanitaire liées à l’insécurité, la vulnérabilité accrue des enfants, notamment dans les zones de déplacement.

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Face à cette crise, les autorités sanitaires et les acteurs locaux lancent un appel pressant aux partenaires humanitaires pour financer et organiser une campagne de vaccination à grande échelle, renforcer les capacités des structures sanitaires, garantir la continuité des soins dans les zones enclavées.

Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenevolencja.

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