Sud-Kivu : plus de 800 personnes guéries du choléra, Médecins Sans Frontières dresse le bilan de cinq ans d’intervention à Sange

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Au moins 800 personnes ont été guéries du choléra grâce à l’intervention de Médecins Sans Frontières (MSF) à Sange, dans la plaine de la Ruzizi, en province du Sud-Kivu. L’organisation humanitaire annonce une baisse de 90 % des cas après huit semaines d’intervention d’urgence.

Selon MSF, l’épidémie (considérée comme la plus sévère enregistrée dans la zone depuis cinq ans) est principalement liée au dysfonctionnement des points de captage d’eau, aggravé par des problèmes d’accès sécuritaire et la fragilité du système de santé local.

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« Dans cette ville, depuis plusieurs mois, l’eau potable du robinet ne coule plus », explique Mamadou Diallo, responsable médical de l’équipe d’urgence MSF.

Il précise que les deux principaux points de captage d’eau ne fonctionnent plus correctement. Leur système de filtrage est obstrué par le sable et la terre, et leur accès est rendu difficile en raison de l’insécurité dans la zone.

« En raison de la présence de groupes armés, il était impossible pour la population d’accéder à ces points de captage. Les habitants étaient donc privés d’eau potable », souligne-t-il.

Face à cette situation, de nombreux habitants se sont tournés vers des sources d’eau non traitées.

« C’est une eau sale, qui n’est pas traitée, mais par manque d’eau, nous la consommons car nous n’avons pas d’autre solution », témoigne Busime, mère de Gisèle, trois ans, soignée pour choléra à l’hôpital général de Sange.

« Ma fille s’est rapidement déshydratée, elle restait couchée et n’arrivait même plus à se relever après être allée aux toilettes à répétition. »

Un autre patient raconte : « En plein milieu de la nuit, j’ai eu des douleurs atroces au ventre suivies de vomissements et de diarrhée. Quand j’ai vu que mon état s’aggravait, j’ai alerté les voisins qui m’ont aidé à payer la moto pour m’acheminer ici à l’hôpital. »

MSF indique que l’épidémie a également été accentuée par les mouvements massifs de populations fuyant les affrontements entre l’armée congolaise appuyée par les Wazalendo et l’AFC-M23. Ces déplacements ont augmenté la pression sur les ressources en eau et les structures sanitaires déjà fragiles.

Pour contenir la propagation de la maladie, MSF a appuyé le Centre de traitement du choléra de l’hôpital général de Sange ainsi que le centre de santé de Ndunda, en périphérie de la ville.

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L’organisation affirme avoir installé et remis en service plus de 50 points de chloration de l’eau dans la zone de santé de Ruzizi.

Après huit semaines d’intervention intensive, le nombre de cas a baissé de 90 %, selon MSF, qui appelle néanmoins à des investissements durables dans l’accès à l’eau potable et le renforcement du système de santé pour prévenir de nouvelles flambées épidémiques.

Trésor Wilondja

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