La situation sanitaire demeure préoccupante dans la zone de santé de Mulungu et ses aires affiliées, en territoire de Shabunda, où 9 869 cas ont été enregistrés entre janvier 2025 et avril 2026.
C’est ce que révèle le dernier rapport de monitoring publié le 10 avril 2026 par le Bloc Citoyen Amani (BCA). Selon ce document, 279 décès ont été documentés, principalement liés au paludisme (198 cas), à l’anémie (71 cas) et aux décès maternels (10 cas).
Le rapport dresse un tableau détaillé des cas recensés dans cette zone de santé : 288 cas de survivants de violences sexuelles, 4.022 cas de diarrhée avec déshydratation, 1.671 cas d’anémie liée au paludisme, 598 cas de paludisme grave chez les femmes enceintes, 198 décès dus au paludisme, 71 décès liés à l’anémie, 10 décès maternels, 2.746 admissions en UNTA, 224 admissions en UNTI, 41 décès enregistrés en UNTI
Ces chiffres confirment une pression importante sur les structures sanitaires locales.
Selon le BCA, les aires de santé de Kigulube et Kiluma sont les plus affectées par les décès liés au paludisme et à l’anémie.
La diarrhée avec déshydratation reste également un problème majeur dans l’ensemble de la zone, avec des niveaux particulièrement élevés dans l’aire de santé de Lubila.
Bien que les décès maternels restent relativement faibles, le rapport souligne la nécessité d’un suivi constant. Par ailleurs, la forte fréquentation des unités de traitement (UNTA/UNTI) traduit une aggravation des cas sévères.
Pour Josué Assani, plusieurs facteurs expliquent cette dégradation : difficultés d’approvisionnement en médicaments, absence de partenaires humanitaires depuis plus de 8 ans, enclavement de la zone ou encore la fermeture de la route principale Burhale–Shabunda
« Tous ces éléments limitent la prise en charge, surtout depuis le retrait de MSF en 2018-2019, laissant la zone de santé de Mulungu orpheline de soutien externe », a-t-il déclaré.
Face à cette situation, le BCA appelle les autorités à renforcer la prévention et la prise en charge du paludisme, intensifier les campagnes de sensibilisation sur l’hygiène, mettre en place un suivi spécifique des femmes enceintes, améliorer la disponibilité des traitements contre l’anémie, renforcer les capacités des unités de traitement (UNTA/UNTI), mobiliser de nouveaux partenaires humanitaires.
L’organisation insiste également sur la nécessité de réhabiliter et rouvrir la route Burhale–Shabunda, essentielle pour faciliter l’approvisionnement en médicaments et l’accès aux soins.
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Dans cette partie enclavée du Sud-Kivu, l’absence de soutien extérieur et les difficultés logistiques aggravent une crise sanitaire déjà critique.
Pour le Bloc Citoyen Amani, seule une réponse coordonnée et urgente permettra d’éviter une détérioration davantage de la situation et de sauver des vies.
