Uvira : les infirmiers de la ville et du territoire tirent la sonnette d’alarme sur le non-paiement de leurs arriérés

les Médecins Congolais vivant au Kenya

L’Union des infirmiers d’Uvira ville et territoire alerte sur le non-paiement persistant des salaires et primes des prestataires de santé des zones de Uvira, Lemera, Ruzizi, Hauts-Plateaux et Nundu. Cette alerte est contenue dans un communiqué officiel dont une copie est parvenue à la rédaction de La Prunelle RDC ce lundi 9 février 2026.

Selon Ndakundi Rashidi Jostan, président de cette structure, plusieurs infirmiers accusent aujourd’hui des arriérés allant de 10 à 12 mois, voire jusqu’à 27 mois, une situation qu’il attribue à des dysfonctionnements et manœuvres au niveau provincial dans la chaîne de paiement.

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« En principe, les fonds sont transférés depuis Kinshasa vers la province, mais les infirmiers n’arrivent toujours pas à percevoir leurs primes. Nous sommes fatigués. Depuis février 2025, nous travaillons sans relâche, même lors de l’entrée des éléments de l’AFC-M23, alors que d’autres services avaient fui. Nous sommes restés pour soigner les blessés de guerre, mais sans salaire. Nous demandons au gouvernement de nous payer. À défaut, nous allons observer des sit-in jusqu’à satisfaction », a-t-il déclaré.

Face à cette crise, Ndakundi Rashidi appelle le gouvernement à réformer en profondeur le système de paiement des infirmiers. Il estime que le mécanisme actuel, reposant notamment sur Maboko Bank, ne garantit ni la régularité ni la transparence des paiements.

Il plaide ainsi pour la numérisation complète des rémunérations, à travers les banques commerciales ou des solutions digitales fiables, à l’image du système Pepele Mobile utilisé pour les enseignants.

Cette situation survient dans un contexte sanitaire déjà très fragile. À titre de rappel, au moins 223 décès ont été enregistrés dans les zones de santé d’Uvira, Fizi et Itombwe entre le 3 et le 30 novembre 2025, en pleine grève sèche des infirmiers du Sud-Kivu, une crise largement attribuée à l’absence de rémunération.

Esther Rehema

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