Plusieurs habitants de la ville de Bukavu dénoncent l’abandon de déchets ménagers et des immondices issus des travaux communautaires communément appelés « salongo » sur différentes avenues de la ville, une situation qui expose la population à des risques sanitaires et environnementaux.
Interrogé à ce sujet, le maire M23 de Bukavu, Nicolas Kyalangalilwa, reconnaît l’existence de perturbations dans le système d’assainissement, tout en affirmant qu’il s’agit d’une période de transition dans la gestion des déchets urbains.
Dans une interview accordée à la rédaction de La Prunelle RDC ce jeudi 21 mai 2026, l’autorité urbaine sous le M23 indique avoir déjà engagé plusieurs réformes depuis son entrée en fonction il y a environ deux mois et demi afin d’améliorer la gestion des déchets dans la ville.
Parmi les mesures annoncées figure notamment la fermeture du dépotoir d’Elakat au profit d’un nouveau site public de décharge destiné à mieux organiser l’évacuation des immondices.
Le maire évoque également le lancement d’un appel d’offres visant à sélectionner des organisations jugées plus performantes dans la collecte et l’évacuation des déchets ménagers.
Il annonce aussi la création d’une brigade d’assainissement chargée de contrôler le travail des structures prestataires et de sanctionner les éventuels manquements observés sur le terrain.
« Depuis notre arrivée, nous avons pris plusieurs mesures pour améliorer l’assainissement de la ville », affirme Nicolas Kyalangalilwa.
Dans le même cadre, le maire annonce la mise en place, dès la semaine prochaine, d’un numéro de téléphone public permettant aux habitants de signaler rapidement les cas de déchets non évacués dans leurs quartiers.
Concernant les déchets produits lors des travaux communautaires de salongo, le maire explique que leur gestion reste particulièrement difficile en raison du volume important d’immondices générés.
« Les déchets issus des salongo représentent parfois dix fois plus que la production quotidienne normale des ménages. Leur évacuation demande donc plus de temps, surtout pendant les week-ends », précise-t-il.
Toutefois, Nicolas Kyalangalilwa estime qu’il est inacceptable que des déchets restent exposés sur la voie publique pendant plus de 48 à 72 heures.
L’autorité urbaine pointe également une part de responsabilité de certains habitants qui, selon lui, refusent de s’abonner aux services d’assainissement tout en continuant à jeter les déchets dans des espaces publics.
« Certains citoyens ne s’abonnent pas aux structures de collecte mais continuent à abandonner les déchets dans les rues, ce qui crée un désordre dans le système de gestion », regrette-t-il.
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Face à cette situation, le maire appelle la population à collaborer davantage avec les structures chargées de l’assainissement et à adopter une meilleure éducation environnementale.
Malgré les critiques, Nicolas Kyalangalilwa se veut rassurant et affirme que les efforts engagés permettront progressivement d’améliorer l’état de salubrité dans la ville.
« Il n’y a pas lieu de paniquer. Nous sommes en train d’améliorer le système et les résultats seront visibles très bientôt », assure-t-il.