Les ruptures de stock de lait deviennent récurrentes à Nyamilima, dans le groupement de Binza, en territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. La sécheresse prolongée, qui affecte les pâturages, est présentée par les commerçants comme la principale cause de la baisse de la production laitière. Cette situation affecte à la fois les revenus des vendeurs et l’accès des ménages à ce produit alimentaire.
Depuis plusieurs semaines, se procurer du lait au centre commercial de Nyamilima devient difficile. Dans les boutiques, alimentations et laiteries, des clients se présentent tôt, mais repartent parfois sans avoir pu s’approvisionner. La demande demeure importante, alors que les stocks disponibles sont de plus en plus faibles.
Pour les commerçants, cette pénurie est directement liée à la dégradation des conditions de pâturage.
« La pénurie est due à la sécheresse prolongée. Les herbes sèchent dans les champs. Les vaches ne se nourrissent pas abondamment et, du coup, la production de lait est très basse », explique Yusufu Nusuru, propriétaire d’une laiterie à Nyamilima.
La diminution de l’offre se répercute directement sur l’activité des vendeurs. Faute de marchandises suffisantes, ceux-ci enregistrent une baisse de leurs recettes quotidiennes.
« Quand il n’y a pas de lait, nous n’avons rien à vendre. Nos revenus journaliers baissent. Les clients viennent mais ils repartent parce que nous n’avons pas de stock à proposer », poursuit Yusufu Nusuru.
Le commerçant appelle également à davantage de protection des pâturages et demande aux personnes qui pratiquent le brûlage des brousses d’y renoncer. Selon lui, la dégradation de la végétation, combinée au manque de pluie, réduit davantage les ressources disponibles pour l’alimentation du bétail.
Au-delà des conséquences économiques, la pénurie suscite des inquiétudes sur le plan nutritionnel. Le lait constitue notamment une source de calcium, de protéines et de vitamines, selon le nutritionniste Jérémie Nzima.
« Le lait apporte du calcium, des protéines et des vitamines indispensables pour la croissance des enfants et pour renforcer les os des adultes », explique-t-il.
Il estime que la diminution de sa consommation peut contribuer à des carences nutritionnelles et affecter l’état général des ménages.
« Quand il manque, on observe plus de fatigue, des carences et une baisse de l’immunité dans les ménages. Le lait est un aliment complémentaire. Le consommer abondamment constitue un défi, et ne pas le consommer, ça constitue une perte pour la santé », ajoute Jérémie Nzima.
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En attendant une amélioration des conditions climatiques et la repousse des pâturages, les habitants de Nyamilima sont appelés à diversifier leur alimentation et à rechercher d’autres sources de nutriments afin de limiter les conséquences de cette pénurie.
La situation met ainsi en évidence la vulnérabilité de la filière laitière locale face aux aléas climatiques, avec des répercussions qui dépassent les seuls éleveurs et commerçants pour toucher directement les ménages consommateurs.
Mwenge Kake
