Ruée sur les minerais : une course aux ressources qui menace les peuples et la planète

Mine de lomera
Mine de lomera à Luhihi

Un nouveau rapport de l’Oakland Institute, intitulé « Ruée sur les minerais : une guerre contre les peuples et la planète », analyse l’accélération de la course mondiale aux minerais critiques et met en cause les intérêts politiques, militaires et économiques qui, selon l’étude, alimentent cette dynamique.

Le rapport remet notamment en question le discours selon lequel une extraction massive de minerais serait indispensable à la transition énergétique. Il estime au contraire qu’une convergence d’intérêts cherche à sécuriser le contrôle des ressources nécessaires à plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’armement, l’intelligence artificielle, les technologies de surveillance et les communications.

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Selon l’étude, cette ruée attire déjà des milliers de milliards de dollars d’investissements et implique des gouvernements, des entreprises minières, des groupes technologiques et des acteurs du secteur de la défense.

L’intelligence artificielle et l’industrie militaire au cœur de la demande

Le rapport s’intéresse particulièrement au rapprochement entre l’industrie technologique et le complexe militaro-industriel américain. Il évoque notamment la stratégie du Pentagone visant à privilégier une approche « AI-first », c’est-à-dire donnant une place centrale à l’intelligence artificielle dans les capacités militaires.

Parmi les acteurs susceptibles de bénéficier de cette évolution, l’Oakland Institute cite notamment KoBold Metals, entreprise minière utilisant l’intelligence artificielle et soutenue par Bill Gates, ainsi que des entreprises technologiques et de défense telles que Palantir et Anduril. Le rapport mentionne également des entreprises liées à la famille Trump.

Plus de 70 % de la demande ne serait pas liée à la transition énergétique

L’un des principaux arguments avancés par le rapport concerne l’utilisation actuelle des minerais dits critiques.

Selon l’étude, plus de 70 % de la demande actuelle en minerais critiques provient d’industries autres que la transition énergétique. Le rapport cite notamment les secteurs de l’automobile, de l’aérospatiale, de l’armement, des communications et des technologies.

L’Oakland Institute estime que la croissance rapide de l’intelligence artificielle, des centres de données, des technologies de surveillance et des dépenses militaires pourrait encore accélérer cette demande.

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Le rapport critique ainsi la présentation des minerais critiques comme un simple levier de transition énergétique et de développement économique pour les pays du Sud. Il invite à examiner plus largement les intérêts économiques, militaires et géopolitiques qui se trouvent derrière la course actuelle aux ressources minières.

Pour l’Oakland Institute, cette dynamique pose finalement une question centrale : qui contrôle les minerais, qui bénéficie de leur exploitation et quelles en sont les conséquences pour les populations et l’environnement ?

Jean-Luc M.

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