RDC : avocats et journalistes renforcent leur coopération face aux poursuites-bâillons contre les défenseurs de l’environnement

forum virtuel consacré aux stratégies de lutte contre les poursuites-bâillons (SLAPP)
forum virtuel consacré aux stratégies de lutte contre les poursuites-bâillons (SLAPP)

Des avocats d’intérêt public, des journalistes et des acteurs engagés dans la défense de l’environnement ont pris part, mardi 4 août 2026, à un forum virtuel consacré aux stratégies de lutte contre les poursuites-bâillons (SLAPP) visant les défenseurs de l’environnement en République démocratique du Congo. Cette rencontre a mis en avant la nécessité de renforcer la collaboration entre les professionnels de la justice et les médias afin de mieux protéger les militants écologistes confrontés à des procédures judiciaires jugées abusives.

Organisé autour des défis liés à la protection des défenseurs de l’environnement, ce forum a permis aux participants d’échanger sur les mécanismes juridiques existants, les expériences régionales ainsi que les pistes de renforcement des capacités des différents acteurs impliqués.

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Au cours de la première intervention, Me Olivier Ndoole, avocat d’intérêt public et cofondateur de l’Association congolaise pour l’environnement et les droits de l’homme (ACEDH), a présenté l’état des lieux des poursuites engagées contre les défenseurs de l’environnement en RDC ainsi que les actions d’assistance juridique mises en œuvre dans le cadre du partenariat entre CliDef et l’ACEDH.

Selon lui, les résultats obtenus témoignent de l’efficacité de cet accompagnement juridique.

« Sur les 48 dossiers suivis, 47 défenseurs de l’environnement ont été libérés, soit un taux de réussite de 98 % », a-t-il indiqué.

Me Olivier Ndoole a également exposé les principales formes de poursuites auxquelles sont confrontés les défenseurs de l’environnement, les difficultés rencontrées dans l’exercice de leurs activités ainsi que les perspectives envisagées pour améliorer leur protection.

Parmi les recommandations formulées figurent notamment le renforcement de la formation des magistrats sur les droits des défenseurs de l’environnement et l’élargissement du réseau d’avocats spécialisés dans ce domaine.

De son côté, le média spécialisé Kilalopress a mis en évidence les pressions auxquelles sont régulièrement confrontés les journalistes qui enquêtent sur les atteintes à l’environnement et à l’exploitation des ressources naturelles.

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Les intervenants ont rappelé que les poursuites-bâillons, communément appelées SLAPP (Strategic Lawsuits Against Public Participation), sont souvent utilisées pour décourager les enquêtes journalistiques ou les actions de plaidoyer en imposant aux personnes visées des procédures judiciaires longues, coûteuses et psychologiquement éprouvantes.

Le forum a également permis de partager les expériences menées en Afrique de l’Est en matière de collaboration entre juristes et journalistes. À cette occasion, Acola Amina, directrice exécutive de NEZA Uganda, a insisté sur la complémentarité des rôles entre ces deux professions.

Selon elle, les avocats assurent la défense juridique des personnes poursuivies, tandis que les journalistes jouent un rôle essentiel dans la documentation, la diffusion et la visibilité des violations environnementales ainsi que des atteintes aux droits des communautés affectées.

Au terme des échanges, les participants ont appelé au renforcement de la coopération entre les avocats, les journalistes, les organisations de la société civile, les communautés locales et les institutions judiciaires afin de mieux prévenir les poursuites-bâillons et de garantir un environnement plus sûr pour les défenseurs de l’environnement en République démocratique du Congo.

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Ils estiment que cette synergie constitue un levier essentiel pour renforcer la protection des droits humains, promouvoir la transparence dans la gouvernance environnementale et préserver les espaces d’expression des acteurs engagés dans la défense des ressources naturelles.

Inertie Mbale

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