Quelques semaines après l’installation d’un centre d’isolement pour la maladie à virus Ebola (MVE) à l’Hôpital général de référence (HGR) de Kibirizi, dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu), les autorités sanitaires constatent une baisse significative de la fréquentation de cette structure médicale. Une situation qu’elles attribuent à la crainte et à la mauvaise compréhension de la population quant au rôle de ce dispositif préventif.
Situé dans la zone de santé de Kibirizi, en groupement de Mutanda, chefferie de Bwito, l’Hôpital général de référence de Kibirizi enregistre depuis plusieurs semaines une diminution du nombre de patients, alors même qu’aucun cas confirmé d’Ebola n’y a été signalé.
Joint ce lundi 3 août 2026, le médecin directeur de l’hôpital, Dr. Balikwisha Lambert, qui assure également l’intérim du médecin-chef de la zone de santé de Kibirizi, regrette que l’installation du centre d’isolement soit interprétée par certains habitants comme la preuve de la présence du virus dans la zone.
Selon lui, cette structure a été mise en place uniquement à titre préventif afin de permettre une prise en charge rapide d’éventuels cas suspects et de renforcer la préparation de la zone de santé face à la menace régionale.
« Nous nous étonnons de voir que l’installation du centre d’isolement Ebola fait paniquer les gens alors qu’il s’agit simplement d’une mesure de prévention. Cela ne signifie pas que la maladie à virus Ebola est présente dans notre zone de santé. À cause de cette mauvaise interprétation, beaucoup de personnes hésitent même à fréquenter les structures sanitaires. Si ce centre a été installé ici, c’est justement pour que la maladie ne nous surprenne pas », explique-t-il.
Cette mesure préventive intervient dans un contexte où la maladie à virus Ebola continue de sévir dans certaines zones de santé voisines, notamment Katwa et Musienene, obligeant les autorités sanitaires à renforcer les dispositifs de surveillance dans les zones exposées.
Le Dr. Balikwisha Lambert rappelle cependant que les habitants ne doivent pas délaisser les structures de santé, d’autant plus que la région est également confrontée à une épidémie de choléra.
Il indique que trois cas de choléra ont déjà été pris en charge à l’Hôpital général de référence de Kibirizi et souligne que seul un recours rapide aux services de santé permet de poser un diagnostic précis et d’éviter les complications.
« Le message que j’adresse à toute la population est simple : en cas de fièvre, de diarrhée ou d’autres signes de maladie, il faut se rendre immédiatement à l’hôpital et éviter l’automédication. Nous disposons des tests nécessaires pour détecter le choléra ainsi que d’autres maladies. Les trois cas de choléra déjà enregistrés à Kibirizi ont pu être identifiés parce que les malades sont venus consulter. S’ils étaient restés à la maison, nous n’aurions pas pu poser le diagnostic », insiste-t-il.
Les autorités sanitaires poursuivent ainsi leurs efforts de sensibilisation afin de rassurer la population et de rappeler que la fréquentation des structures de santé reste essentielle pour la détection précoce des maladies et la protection de la communauté.
Pour rappel, le centre d’isolement Ebola a été installé à la fin du mois de juin 2026 à l’Hôpital général de référence de Kibirizi dans le cadre des mesures de préparation mises en œuvre face au risque de propagation de la maladie depuis les zones de santé voisines.
Mwenge Kake
