Ebola en RDC : les agents de la riposte confrontés aux violences et aux résistances communautaires

Les équipes engagées dans la riposte contre l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo font face à des résistances communautaires et à plusieurs incidents sécuritaires dans les zones de santé touchées. Des agents ont notamment été agressés en Ituri et dans le Haut-Uélé, tandis que des volontaires de la Croix-Rouge ont été victimes de plusieurs attaques au cours des dernières semaines.

Dans la zone de santé de Kilo, en Ituri, une équipe intervenant dans le cadre de la riposte aurait été chassée à la machette alors qu’elle tentait de procéder à une opération de désinfection.

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Dans le Haut-Uélé, des équipes ont également été agressées à Isiro et Pawa, selon les informations rapportées dans le cadre de la riposte.

Ces incidents sécuritaires interviennent dans un contexte où les équipes sanitaires doivent également faire face à la circulation de fausses informations susceptibles de compromettre certaines interventions de santé publique.

Une rumeur perturbe une campagne de vaccination

Au Nord-Kivu, une rumeur faisant état d’une prétendue « injection de la maladie à virus Ebola aux enfants » aurait notamment contribué à freiner une campagne de vaccination contre la rougeole, la rubéole et la poliomyélite dans la zone de santé de Ngeleza.

Cette fausse information fait craindre des conséquences sur la couverture vaccinale des enfants dans cette partie de la province.

Face à cette situation, les équipes sanitaires sont appelées à renforcer la sensibilisation afin d’expliquer aux communautés l’importance de la vaccination contre ces maladies et de lutter contre les fausses informations qui peuvent compromettre la protection des enfants.

Onze incidents violents signalés contre des volontaires

Ces résistances s’ajoutent aux violences visant les acteurs humanitaires et les volontaires engagés dans la réponse à l’épidémie.

La Croix-Rouge de la RDC, la Croix-Rouge ougandaise, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) ont dénoncé une série d’attaques contre leurs volontaires.

Les organisations font état de onze incidents violents survenus au cours des derniers jours, soit environ cent jours après la déclaration officielle de l’épidémie. Ces attaques auraient fait neuf blessés, endommagé plusieurs ambulances, dont une incendiée, et entraîné la destruction de matériel.

Parmi les incidents les plus récents figurent l’agression de trois volontaires à Beni le 19 août, ainsi que celle de deux volontaires qui tentaient de procéder à un enterrement digne et sécurisé à Malikuti, dans le Haut-Uélé, le 18 août.

Le 17 août, un convoi de la Croix-Rouge ougandaise a également été attaqué à Aru, en Ituri.

Appel à protéger les équipes de riposte

Face à cette série d’incidents, le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a qualifié ces violences d’inacceptables et appelé les communautés ainsi que les leaders locaux à protéger les volontaires et l’action humanitaire.

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L’enjeu est notamment d’éviter que l’insécurité, les résistances communautaires et la désinformation ne compliquent davantage les opérations de prévention, de prise en charge, de désinfection et de vaccination dans les zones touchées.

La RDC a déjà enregistré plus de 5.000 cas confirmés d’Ebola, avec un taux de létalité annoncé à 47,9 % et environ 1.200 personnes guéries.

Dans ce contexte, la sécurité des équipes de riposte et la confiance des communautés apparaissent comme des éléments essentiels pour contenir la propagation de l’épidémie.

Suzanne Baleke

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