L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) saluent l’allocation de 70.000 doses du vaccin Ervebo à la République démocratique du Congo pour soutenir la riposte contre l’actuelle épidémie d’Ebola due au virus Bundibugyo.
La demande avait été formulée la semaine dernière par le gouvernement congolais auprès du Groupe international de coordination pour l’approvisionnement en vaccins (ICG), qui gère le stock mondial d’urgence de vaccins contre Ebola. L’ICG a informé lundi les autorités congolaises de la libération immédiate de ces 70.000 doses.
Sur cette quantité, 20.000 doses sont destinées à un essai clinique de phase 3, afin d’évaluer l’efficacité du vaccin contre le virus Bundibugyo. Les 50.000 doses restantes doivent être administrées aux travailleurs de première ligne et au personnel de santé, conformément aux recommandations actuelles du Groupe stratégique consultatif d’experts sur la vaccination de l’OMS (SAGE).
Une efficacité contre Bundibugyo encore incertaine
L’Ervebo est un vaccin homologué et recommandé pour les flambées provoquées par le virus Ebola de type Zaïre. En revanche, son efficacité contre le virus Bundibugyo chez l’être humain n’est pas encore établie.
Des premières données obtenues en laboratoire et sur des modèles animaux suggèrent toutefois qu’il pourrait offrir une certaine protection. L’essai clinique prévu avec les 20.000 doses doit donc permettre de recueillir des données scientifiques supplémentaires sur son efficacité éventuelle contre cette souche.
L’OMS souligne que les personnes auxquelles le vaccin sera proposé, que ce soit dans le cadre de l’essai clinique ou dans le cadre de la vaccination des personnels exposés, devront être informées des risques, bénéfices potentiels et limites liés à son utilisation contre le virus Bundibugyo et donner leur consentement éclairé.
L’OMS et Africa CDC soutiennent une riposte menée avec les communautés
Face à la poursuite de l’épidémie, l’OMS et Africa CDC soutiennent l’approche adoptée par la RDC, notamment la priorité accordée à la protection des populations et à une réponse conduite avec la participation des communautés.
Les deux organisations affirment leur soutien au gouvernement congolais dans ses efforts visant à protéger les communautés affectées, sauver des vies et mettre fin à l’épidémie de Bundibugyo, tout en produisant les données scientifiques nécessaires pour améliorer la préparation du continent face aux futures flambées.
Le mécanisme ICG, créé en 1997, est composé de l’OMS, de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, de Médecins Sans Frontières et de l’UNICEF. Gavi, l’Alliance du vaccin, assure le financement du stock mondial d’urgence.
Depuis janvier 2021, l’ICG gère le stock d’urgence de vaccins contre Ebola. Selon les données communiquées par l’OMS et Africa CDC, plus de 56.000 doses d’Ervebo avaient déjà été allouées à la RDC pour répondre à des flambées d’Ebola jusqu’en juillet 2026, tandis que 167.000 doses supplémentaires ont été utilisées dans des campagnes préventives destinées aux travailleurs de santé et aux personnels de première ligne dans plusieurs pays africains.
Cette nouvelle allocation de 70.000 doses constitue ainsi un appui supplémentaire à la riposte congolaise, mais son utilisation contre le virus Bundibugyo devra également permettre de déterminer scientifiquement si l’Ervebo peut être intégré à l’avenir dans les stratégies de lutte contre cette souche du virus Ebola.
