Plus de 150 ménages du groupement de Mulamba, dans le territoire de Walungu, disposent désormais gratuitement de terres à cultiver pour la saison culturale A. L’initiative est portée par la famille Lashi Mushegera, qui a décidé de mettre une partie de sa concession à la disposition de la population afin de contribuer à la lutte contre l’insécurité alimentaire, la malnutrition et les difficultés économiques qui touchent de nombreuses familles dans la région.
L’initiative a été officiellement lancée samedi 12 septembre 2026 dans la plantation Lashi Mushegera, à Mulamba. La cérémonie a notamment été marquée par une messe d’action de grâce et de bénédiction des semences, en présence de la population bénéficiaire, du chef de groupement ainsi que de plusieurs cadres de base.
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Selon Christian Chiralanganyi, gérant de la concession Lashi Mushegera à Mulamba, la mise à disposition gratuite des terres vise à accompagner une population confrontée à une crise alimentaire et économique. Il explique qu’auparavant, seuls 56 cultivateurs exploitaient ces terres moyennant paiement. Depuis que l’accès est devenu gratuit, le nombre de ménages bénéficiaires a dépassé 150.
« Nous sommes venus juste apporter un plus à cette population et nous savons qu’après 5 ou 6 mois, on aura contribué à lutter contre la malnutrition et la crise économique qui se vit dans ce groupement, surtout avec la situation actuelle. Avant, les gens qui cultivaient ici étaient 56 et ils payaient, mais actuellement, comme c’est gratuit, on est déjà à plus de 150 ménages qui cultivent. On n’a pas limité l’espace, donc chacun va cultiver jusque-là où il veut. Tant que la famine frappe encore notre population, nous serons toujours là pour eux », explique-t-il.
Pour la famille Mushegera, représentée dans cette initiative par Nsimire Mushegera et Mugisho Mushegera, l’objectif est de partager une partie de ses ressources avec la communauté et de permettre aux familles de produire elles-mêmes une partie de leur alimentation.
Cette action intervient dans un contexte où la crise alimentaire et la précarité économique rendent l’accès aux moyens de production difficile pour certaines familles de Mulamba. La gratuité des champs constitue ainsi, pour les bénéficiaires, une possibilité de reprendre ou de renforcer leurs activités agricoles sans supporter le coût de la location des terres.
Owachikundera Bagula, bénéficiaire de l’initiative, se réjouit notamment de pouvoir cultiver sans devoir payer comme les années précédentes. Il compte produire du manioc, de la patate douce et du maïs afin de nourrir sa famille et de contribuer à réduire sa dépendance face à la hausse des difficultés alimentaires.
« Je suis tellement content de voir qu’on nous a donné un champ gratuitement sans nous demander de payer. Les années passées, on payait toujours. Je dis merci. Cette initiative va m’aider car je sais que si je cultive et récolte mon manioc, ma patate douce et mon maïs, ça va m’aider à prendre en charge ma famille et à lutter contre la famine », témoigne-t-il.
Pour Mw’a Zirhumana Nsimire, le principal avantage réside également dans la suppression du coût d’accès à la terre. Elle indique que les bénéficiaires devaient auparavant débourser 20 dollars par an, une somme difficile à réunir pour certaines familles.
« On nous demandait de payer 20 dollars par an, et c’était difficile car on n’avait pas l’argent. Mais comme c’est gratuit, je pense que dans quelques mois, je n’aurai plus faim dans ma maison et je compte également faire le commerce », explique-t-elle.
Au-delà de la mise à disposition des terres, la famille Mushegera appelle d’autres personnes et organisations disposant de moyens à soutenir la population de Mulamba. Elle souhaite notamment obtenir des semences ainsi que des appuis pour les travaux d’aménagement des terres.
Les initiateurs espèrent que ces soutiens permettront d’accroître la production agricole et de renforcer l’impact de l’initiative. À terme, l’objectif affiché est de contribuer à réduire durablement la faim et la malnutrition en favorisant l’accès des ménages aux moyens de production.
À Mulamba, les bénéficiaires voient ainsi dans ces champs gratuits une opportunité de reprendre pleinement leurs activités agricoles, de renforcer leurs moyens de subsistance et, à travers les prochaines récoltes, de mieux faire face à la crise alimentaire.
