Les Peuples Autochtones pygmées veulent être davantage associés aux décisions concernant leurs terres et leurs forêts dans le cadre du projet de Couloir Vert Kivu-Kinshasa. Ils ont exprimé cette position mercredi lors d’un atelier organisé à Bapakombe, dans le territoire de Beni, par l’ACEDH asbk, en collaboration avec l’UCCND asbl
Les participants ont réaffirmé leur soutien au projet, tout en appelant les parties prenantes à mieux prendre en compte la voix, les droits et les réalités des communautés autochtones vivant dans les espaces concernés.
Au cours des échanges, les représentants des communautés ont fait état de plusieurs pressions qui affectent leurs territoires et leurs moyens de subsistance. Ils ont notamment cité les projets d’exploitation pétrolière, la déforestation ainsi que la spoliation des terres ancestrales.
Pour ces communautés, la protection des forêts et de la biodiversité ne peut être durable sans la participation des populations qui vivent dans ces espaces et en dépendent. Elles estiment que leurs connaissances traditionnelles et leur expérience des écosystèmes peuvent contribuer à la préservation de l’environnement et à la réussite du Couloir Vert Kivu-Kinshasa.
Des défenseurs de l’environnement exposés aux risques
La question de la sécurité des défenseurs autochtones de l’environnement a également occupé une place importante dans les échanges.
Dans le contexte sécuritaire particulièrement fragile de l’est de la RDC, ces défenseurs affirment être exposés à différentes formes de menaces, notamment les arrestations arbitraires et les violences.
Ils plaident dès lors pour que les initiatives de conservation soient accompagnées de mécanismes permettant de protéger celles et ceux qui s’engagent dans la défense des forêts et de leurs communautés.
Les participants demandent également une participation effective des Peuples Autochtones aux processus de décision et aux mécanismes de gestion des territoires concernés par le projet.
Pour eux, la réussite du Couloir Vert Kivu-Kinshasa dépendra notamment de la capacité à considérer les communautés autochtones comme des acteurs à part entière de sa mise en œuvre, plutôt que comme de simples bénéficiaires des initiatives de conservation.
La rencontre s’est achevée par une prestation culturelle traditionnelle, présentée comme une expression du lien profond qui unit les communautés autochtones à leurs terres ancestrales, à leurs forêts et à leur environnement.
