La longue absence de pluies dans le groupement de Binza, en territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, inquiète les agriculteurs. Depuis le mois d’août, les précipitations se font rares, entraînant le dessèchement de plusieurs cultures vivrières et faisant craindre une baisse importante des récoltes dans les prochaines semaines.
Dans les principaux bassins agricoles de la région, les plantules de haricot, soja, maïs, riz et d’autres cultures vivrières se dessèchent sous l’effet du manque d’eau.
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La situation préoccupe particulièrement les agriculteurs dans une zone où plus de 90 % de la population dépend de l’agriculture. Ceux qui avaient commencé à semer à la faveur des premières pluies enregistrées en juillet et août assistent aujourd’hui au dessèchement de leurs parcelles.
« Les conditions ne sont pas bonnes. Il fait très chaud. Les cultures sèchent. Nous tentons de sarcler tôt le matin. Mais vers 9 heures, nous arrêtons, sinon nous abîmons tout. Pour ceux qui ont semé en premier, il n’y aura rien », témoigne un agriculteur.
La persistance de cette situation fait également craindre des conséquences directes sur les ménages. Une mauvaise récolte pourrait réduire la disponibilité des denrées produites localement et entraîner une hausse des prix, alors que les familles dépendent largement de leur propre production pour se nourrir.
« Si la récolte est mauvaise, il y aura la famine dans les familles. D’habitude, quand nous récoltons bien, la nourriture ne manque pas. Cette année, nous avons peur. Certains ont repris le labour après une petite pluie. On espère que les plantes vont se rétablir », explique un autre paysan.
Face aux pertes déjà enregistrées dans certaines parcelles, l’agronome Japhet Mungumwa recommande aux agriculteurs d’attendre les prochaines pluies avant de procéder à un second semis sur les champs affectés.
Cette stratégie devrait permettre, selon lui, de limiter les pertes et de donner aux agriculteurs une nouvelle possibilité de production si les conditions pluviométriques s’améliorent.
En attendant le retour régulier des précipitations, l’inquiétude grandit parmi les familles de Binza. Pour une population largement dépendante de l’agriculture, la persistance de la sécheresse représente non seulement une menace pour les récoltes, mais également pour les revenus des ménages et leur capacité à accéder à la nourriture dans les mois à venir.
Cette situation illustre ainsi les effets directs des perturbations climatiques sur l’agriculture locale et la sécurité alimentaire des communautés rurales du territoire de Rutshuru.
