Idjwi : l’Éco-centre des Grands Lacs propose la ligne de flottaison pour prévenir les naufrages sur le lac Kivu

Éco-centre des Grands Lacs

L’Éco-centre des Grands Lacs propose l’installation d’une ligne de flottaison visible sur les embarcations pour prévenir les surcharges et réduire les risques de naufrage sur le lac Kivu. Cette initiative a été présentée le 17 octobre 2026 sur l’île d’Idjwi, au Sud-Kivu, après le naufrage d’une pirogue motorisée en provenance de Bukavu, qui a coûté la vie à 15 personnes, dont neuf femmes. Le Conseil de sécurité du territoire d’Idjwi a ensuite intégré cette proposition aux autres mesures de prévention lors de sa réunion du 20 octobre.

La ligne de flottaison consiste à tracer une marque jaune sur la coque d’une embarcation afin de signaler la limite de chargement à respecter. Selon l’Éco-centre des Grands Lacs, cette mesure vise notamment à prévenir les surcharges, considérées comme l’une des causes principales des naufrages.

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Lors de la présentation de cette initiative, Josaphat M. Rubenga, représentant du consortium Éco-centre des Grands Lacs et responsable du Mouvement écologique Casque Vert, a rappelé que son organisation proposait cette mesure depuis plusieurs années. Le récent naufrage a ravivé la nécessité de la mettre en œuvre.

Il a également évoqué les effets des changements environnementaux sur la navigation lacustre, notamment l’intensification des phénomènes météorologiques et les vents violents susceptibles de provoquer de fortes vagues.

« La déforestation globale et la perte de couvert forestier dans le bassin du lac Kivu accentuent l’intensité des phénomènes météorologiques, provoquant des orages et des vents de plus en plus violents et donc des vagues de plus en plus fortes. Face à ces changements climatiques dont la responsabilité est partagée entre l’homme et la nature, l’adaptation comportementale et technique est devenue une obligation », a-t-il expliqué.

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Remise symbolique de la boîte de vernis jaune par M. Josaphat M. Rubenga à l’Administrateur de Territoire Assistant (ATA).

La formation au sauvetage également recommandée

Au-delà de la prévention des surcharges, Josaphat M. Rubenga a insisté sur la nécessité de renforcer les compétences des usagers du lac en matière de natation et de sauvetage.

« Il n’est pas normal que nous continuions à compter nos morts et n’avoir que nos yeux pour pleurer les nôtres, alors que nous pouvons agir sur les causes de leur mort », a-t-il regretté.

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Il s’est également inquiété du fait que certains habitants de l’île, dont des enfants, ne sachent pas nager alors que le lac constitue un passage essentiel pour leurs déplacements. Il a aussi évoqué des informations selon lesquelles certains agents navigants, notamment des capitaines, des matelots et des convoyeurs, ne maîtriseraient pas la natation.

Pour lui, la capacité à nager doit être accompagnée d’une formation aux techniques de sauvetage afin de mieux faire face aux situations d’urgence.

À l’occasion de cette activité, un prototype de pirogue motorisée portant une ligne jaune de marge de flottaison a été présenté aux participants. Bwenge, propriétaire de l’embarcation, a remercié l’Éco-centre et les autorités pour leur accompagnement, qu’elle considère comme une démarche susceptible de sauver des vies. Elle a appelé les autres armateurs à respecter les normes proposées.

Les autorités appelées à accompagner l’initiative

Élie, assistant du Mwami, a rappelé l’importance du lac Kivu dans la vie quotidienne des habitants d’Idjwi, qui en dépendent notamment pour leurs activités économiques et leurs déplacements.

« Le lac Kivu pour un habitant d’Idjwi est un champ, le lac Kivu est une route et finalement le lac Kivu est un ennemi. Il donne la vie et il peut la prendre, mais il n’attaque personne, il ne provoque personne. C’est uniquement quand on passe en dehors des règles qu’il rappelle à l’ordre et des fois il se venge », a-t-il déclaré.

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Saluant le caractère inédit de cette initiative collaborative, il a encouragé l’Éco-centre à poursuivre les rencontres entre les usagers du lac et les autorités afin de renforcer la prévention des accidents.

« Le lac n’a pas besoin d’être protégé car il se protège déjà lui-même, mais protéger et reconnaître les biens et services qu’il nous fournit généreusement est un impératif », a-t-il souligné.

Dans une démarche de transfert de responsabilité technique vers les autorités publiques, Josaphat M. Rubenga a symboliquement remis à l’Administrateur de territoire assistant (ATA) une boîte de vernis jaune ayant servi au traçage de la ligne sur la première embarcation.

L’ATA a salué la contribution des organisations de la société civile à la sécurité lacustre. Il a notamment présenté la ligne de flottaison comme un moyen de prévenir les surcharges et annoncé qu’il superviserait gratuitement les travaux de peinture pour les premières embarcations qui se présenteraient.

Il a également procédé à la relecture des mesures de sécurité déjà adoptées par le Conseil de sécurité de Nkuvu, qui ont été validées et applaudies par les armateurs présents.

Une mobilisation collective pour la sécurité lacustre

Le 20 octobre 2026, le Conseil de sécurité du territoire d’Idjwi s’est réuni et a ajouté la proposition de la ligne de flottaison aux autres mesures de prévention déjà adoptées.

M. Josaphat M. Rubenga, un représentant du consortium Éco-centre des Grands Lacs et responsable de Casque Vert, lors de son allocution.
M. Josaphat M. Rubenga, un représentant du consortium Éco-centre des Grands Lacs et responsable de Casque Vert, lors de son allocution.

Cette démarche repose sur une collaboration entre l’Éco-centre des Grands Lacs, les autorités administratives, le pouvoir coutumier, les armateurs et les usagers du lac. Elle vise à renforcer la prévention des naufrages et des noyades sur le lac Kivu.

Basé sur l’île d’Idjwi, l’Éco-centre des Grands Lacs œuvre notamment dans les domaines de l’agroécologie, de la permaculture, de l’écoconstruction et de l’écotourisme. Il mène également des activités de sensibilisation aux enjeux environnementaux, de formation et de promotion des modes de vie durables.

À travers cette initiative, l’organisation entend contribuer à une navigation plus sûre et encourager les différents acteurs à adopter des pratiques responsables pour protéger les vies humaines sur le lac Kivu.

Edith Kazamwali

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