La riposte contre Ebola, les défis sécuritaires et la poursuite des projets de développement ont été au centre des échanges entre le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Somo Kakule Évariste, et les représentants de la société civile venus de différentes entités de la province. À l’issue de cette rencontre, John Banyene Balingene, président de la société civile du Nord-Kivu, a appelé à renforcer la sensibilisation communautaire contre Ebola et à assurer une gestion rigoureuse des ressources destinées au développement.
Concernant la lutte contre la maladie à virus Ebola, John Banyene Balingene a insisté sur l’importance de la mobilisation de la population pour freiner la propagation de l’épidémie. Il a plaidé pour l’intensification des campagnes de sensibilisation afin d’amener chacun à prendre conscience des risques liés à la maladie.
« Nous devons intensifier les sensibilisations parce que cette maladie prendra fin si et seulement si chacun de nous prend conscience que la maladie existe et que nous devons lutter contre sa propagation », a-t-il déclaré.
Des inquiétudes persistantes sur le plan sécuritaire
Les échanges ont également porté sur la situation sécuritaire dans la province, notamment les violences attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans le Grand Nord, qui affectent les populations depuis plus d’une décennie.
Le président de la société civile a par ailleurs exprimé sa déception face à l’émergence du Front pour la refondation de la nation (FRN), qu’il considère comme une nouvelle source d’inquiétude pour une population éprouvée par les conflits et qui espérait une amélioration de la situation grâce aux différents processus de paix en cours.
Il a annoncé qu’une prise de position de la société civile sur cette nouvelle dynamique politique et sécuritaire devrait intervenir prochainement.
« Nous, en tant que population meurtrie, nous avions déjà l’espoir de dire que la paix était devant nous, avec les différents processus d’Addis-Abeba et de Washington, ainsi que les facilitateurs de l’Union européenne dans la région des Grands Lacs. Maintenant, avec la naissance de ces nouveaux mouvements, c’est une désolation », a-t-il regretté.
La taxe sur les produits pétroliers pour soutenir le développement
La poursuite des projets de développement malgré la persistance de l’insécurité a constitué le troisième point abordé lors de la rencontre.
À ce sujet, la société civile s’est déclarée favorable au maintien de la taxe conventionnelle additionnelle sur les produits pétroliers, à condition que sa gestion soit rigoureusement encadrée et que les recettes servent effectivement à financer les infrastructures dans les différentes entités de la province.
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Selon John Banyene Balingene, ces ressources pourraient notamment contribuer au financement des travaux liés à l’aéroport de Beni-Mavivi.
« Même si nous sommes en guerre, nous ne devons pas croiser les bras. La population du Nord-Kivu est résiliente. Nous sommes favorables à cette taxe conventionnelle, pourvu qu’elle soit bien encadrée et qu’elle continue à servir au développement de nos différentes entités », a-t-il souligné.
Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par la persistance des défis sanitaires et sécuritaires au Nord-Kivu. Les représentants de la société civile plaident pour une mobilisation concertée afin de protéger les populations, soutenir la riposte contre Ebola et maintenir les initiatives de développement malgré le contexte de guerre.
