Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) appelle à une réduction accélérée des émissions de gaz à effet de serre afin de limiter l’ampleur du réchauffement climatique et de ramener les températures mondiales sous le seuil de 1,5 °C d’ici à la fin du siècle. Dans son dernier rapport, l’organisation estime qu’un dépassement temporaire de cette limite, fixée par l’Accord de Paris, est désormais inévitable, mais souligne qu’une action climatique ambitieuse pourrait en réduire la durée et l’ampleur.
Selon les projections du PNUE, les politiques publiques actuellement mises en œuvre conduiraient à un réchauffement mondial de 2,8 °C d’ici à la fin du siècle. La mise en œuvre intégrale des engagements nationaux en cours permettrait de limiter cette hausse à 2,6 °C.
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Ces estimations tiennent compte de la révision des données historiques sur les émissions ainsi que des conséquences du retrait des États-Unis de l’Accord de Paris.
Face à ces perspectives, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, appelle à une action urgente pour réduire les émissions et accélérer la transition énergétique. Il souligne qu’un dépassement temporaire du seuil de 1,5 °C ne doit pas conduire à relâcher les efforts de lutte contre le réchauffement climatique.
Des réductions importantes nécessaires d’ici 2040
Le scénario le plus favorable présenté par le PNUE prévoit un pic de réchauffement compris entre 1,7 et 1,8 °C vers le milieu du siècle, avant une baisse des températures sous le seuil de 1,5 °C à l’horizon 2100.
Pour atteindre cet objectif, les émissions mondiales de gaz à effet de serre devraient diminuer de 18 % d’ici à 2030, de 45 % d’ici à 2035 et de 69 % d’ici à 2040, par rapport aux niveaux de 2025.
La directrice exécutive du PNUE, Inger Andersen, rappelle que chaque fraction supplémentaire de degré accentue les risques climatiques, notamment les inondations, les vagues de chaleur et les feux de forêt, dont la fréquence ou l’intensité peuvent augmenter avec le réchauffement.
Malgré les progrès enregistrés dans le développement des énergies renouvelables depuis 2015 et le ralentissement de la croissance de la consommation de charbon et de pétrole, les mesures actuelles restent insuffisantes pour stabiliser le climat.
Réduire la dépendance aux énergies fossiles
Pour rapprocher le monde de la trajectoire recommandée, le PNUE préconise une réduction importante de l’utilisation des combustibles fossiles dans l’approvisionnement énergétique mondial.
Par rapport aux niveaux de 2025, la consommation de charbon devrait diminuer d’au moins 55 % d’ici à 2035, celle du pétrole de 15 % et celle du gaz de 5 %. À l’horizon 2040, les réductions devraient atteindre respectivement 75 %, 30 % et 35 %.
Ces objectifs impliquent une accélération de la transition énergétique, notamment par le développement des énergies renouvelables et la réduction progressive de la dépendance aux combustibles fossiles.
La COP31 attendue en Türkiye
Les gouvernements doivent se réunir prochainement à Antalya, en Türkiye, dans le cadre de la 31ᵉ Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, la COP31.
Cette conférence doit notamment marquer le lancement du deuxième Bilan mondial de l’Accord de Paris, destiné à évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre des engagements climatiques. Les discussions porteront également sur des objectifs tels que le triplement des capacités mondiales en énergies renouvelables et la fin de la déforestation.
Pour le PNUE, les prochaines décisions politiques seront déterminantes pour réduire les émissions à un rythme compatible avec les objectifs climatiques internationaux et limiter les conséquences du réchauffement sur les populations et les écosystèmes.
