« À genoux devant la vie » : Josué Ciga, médecin du Kivu qui écrit pour rester debout

Josué Ciga, médecin du Kivu
Josué Ciga, médecin du Kivu

Né au croisement de la souffrance humaine et de l’espoir obstiné de survivre, « À genoux devant la vie » est bien plus qu’un livre. C’est un cri, un refuge, une mémoire. À travers cet ouvrage, le médecin-écrivain Josué Ciga fait entendre une voix singulière, forgée entre les couloirs d’hôpital et les blessures invisibles d’une région meurtrie par des décennies de conflits.

Originaire de l’Est de la République démocratique du Congo, Josué Ciga a grandi dans un environnement où la vie et la mort se frôlent chaque jour. Diplômé en médecine de l’Université Évangélique en Afrique (UEA) à Bukavu, il vit aujourd’hui à Goma, au Nord-Kivu, une ville marquée autant par la menace du volcan que par les drames humains.

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Médecin engagé, il travaille bénévolement aux urgences, en médecine interne et en soins intensifs à l’Hôpital Général de Référence de Kyeshero. Et c’est entre deux interventions, dans les rares instants de répit, qu’il écrit — comme on respire pour survivre.

Une écriture née de la guerre et de l’hôpital

Dans une interview accordée à la rédaction centrale de La Prunelle RDC, Josué Ciga explique que l’écriture de « À genoux devant la vie » a commencé il y a sept ans. Le livre est une compilation de textes écrits au fil du temps, mais les événements liés à la guerre ont profondément transformé son projet.

« La guerre est arrivée et a bouleversé ma manière d’écrire. Elle a renforcé une envie qui était déjà là : témoigner », confie-t-il.

Publié en janvier 2026, l’ouvrage puise dans le vécu quotidien du Kivu : la peur, l’amour, la douleur, la relation humaine et la santé. Un kaléidoscope d’émotions où chaque texte devient un miroir de la condition humaine.

Interrogé sur la manière dont il parvient à tenir dans un pays ravagé par la violence armée, le jeune médecin évoque surtout la résilience des populations et la solidarité qui unit les communautés.

« À l’hôpital, j’ai vu des choses qui marquent à jamais. J’étais en première ligne pour les victimes de guerre, j’ai soigné des corps blessés mais aussi des âmes brisées. Il fallait que je sorte tout ça de moi. L’écriture est devenue mon moyen de survie », explique-t-il.

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Il refuse cependant toute hiérarchie de la douleur.

« La souffrance n’est pas comparable. Chacun vit ses blessures selon son contexte. La guerre, la maladie, la pauvreté… ce sont des visages différents d’une même humanité fragile ».

Écrire pour guérir

À 29 ans, Josué Ciga voit l’écriture comme une thérapie, un espace sans jugement. Il espère que ses lecteurs pourront se reconnaître dans ses pages, y retrouver leurs propres combats, même s’ils sont différents.

En décembre 2025, les éditions Jambo avaient déjà publié son premier livre, « Et qui aurait fait le choix », avant de sortir « À genoux devant la vie ». L’ouvrage compte 100 pages et est disponible en version papier et numérique, notamment sur Amazon.

D’autres livres, d’autres combats

L’auteur annonce déjà de nouveaux projets, tant littéraires que médicaux.

« Je travaille sur un roman intitulé La longue garde, inspiré des combats de Goma, quand j’étais à l’hôpital pendant cinq jours de guerre. Je veux aussi publier un recueil de nouvelles. Et côté médecine, je débute un master en réanimation en Ouganda », révèle-t-il.

Où trouver le livre ?

« À genoux devant la vie » est disponible en version numérique à 7 dollars, en version imprimée à 15 dollars,
sur Amazon et sur commande.

Un livre à lire comme on écoute une voix qui, malgré la douleur, choisit de rester debout.

Vinciane Ntabala

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