ATA-RDC : avec l’IITA, plusieurs variétés améliorées du Soja en essaie à l’INERA Mulungu

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L’Institut International d’Agriculture Tropicale (IITA) à travers le programme de l’Agenda de la Transformation Agricole (ATA-RDC) a installé un bloc d’environ 40 nouvelles variétés améliorées du soja. Ces semences sont hautement productives et sont installées à Mulungu, territoire de Kabare au Sud-Kivu en collaboration avec ses partenaires INERA et Service National des Semences (SENASEM). Le souci est de diversifier les variétés de soja en République Démocratique du Congo.

L’objectif est de contribuer à l’amélioration de la culture du Soja en introduisant les nouvelles variétés hautement productives, tolérantes aux conditions climatiques et résistantes aux maladies afin de relever les revenus des acteurs le long de la chaîne de valeur Soja. 

Pour y arriver, l’IITA avec ses partenaires SENASEM et INERA ont organisé ce mercredi 19 juillet 2023, une séance des sélections variétales participatives afin d’évaluer participativement avec la communauté locale, le comportement de ces 40 variétés de Soja plantées à Mulungu depuis le 22 février dernier et en choisir 10 qui seront inscrites sur le catalogue national. 

Sur place à Mulungu, les cultivateurs locaux, les experts du SENASEM et de l’INERA ont visité le champ de démonstration d’environ 25a, où les 40 variétés en période de maturité sont plantées pour choisir les meilleures d’entre elles vis-à-vis des exigences des marchés afin de disposer ses variétés compétitives pouvant concurrencer celles importées au Sud-Kivu et relèver ainsi le revenu des exploitants agricoles. 

Aucune description disponible.

A en croire Josué Kazadi, technicien chargé de semences au programme ATA-RDC au Sud-Kivu, les variétés sélectionnées seront proposées pour leur inscription au catalogue national, et permettre au pays de disposer d’un annuaire des variétés constituées des nouveaux génotypes à cultiver.

« Nous sommes là pour évoluer avec les agriculteurs, les 40 variétés que nous voulons introduire ici chez nous. Dans notre milieu nous avons de sérieux problèmes avec la culture du Soja. Ici on a que deux variétés qui sont utilisées depuis des années et maintenant nous voulons introduire d’autres nouvelles variétés pour lutter contre la malnutrition mais aussi relever le panier de la ménagère. Ce sont des variétés à haut rendement tel que vous pouvez le constater. Nous allons répéter cet essai pendant deux saisons et nous confirmerons les résultats. Les variétés qui seront choisies seront inscrites dans le catalogue national. L’INERA a mandat de recherche, le SENASEM est là pour la certification et nous IITA à travers ATA-RDC, nous amenons les semences et nous facilitons les études » a soutenu Josué Kazadi. 

Du côté État congolais, la démarche est salutaire. Biakombe Mazambi Jonathan, coordonnateur du SENASEM au Sud-Kivu a soutenu que cette évaluation publique liée à la sélection participative des variétés de Soja est d’une importance capitale parce qu’elle va permettre au pays d’inscrire sur son catalogue national des variétés qui non seulement s’adaptent aux aléas climatiques mais également peuvent relever les défis liés à la productivité des anciennes variétés du Soja. 

Aucune description disponible.

« Nous sommes dans un essai où il faut affirmer ou infirmer ce que les chercheurs d’autres cieux nous ont envoyé comme fiches techniques. Donc ici nous avons des variétés de Soja nous envoyés par l’IITA et il fallait que l’INERA contrôle ce que les chercheurs des pays de provenance ont envoyés. Avec ces éléments, on va voir quelles sont les variétés qui peuvent être cataloguées dans notre pays. Mais comme on ne le fait pas seuls, nous devons avec la population apprécier quelle est cette variété choisie. On va choisir les meilleures variétés du point de vue productivité et  croissance mais aussi voir quelles ont été les variétés qui ne peuvent pas éclater au champ, qui ont produit des grains de gros calibre, qui ont produit les grains de couleurs appréciables au marché et plusieurs autres critères. Si on a 5 à 10 variétés, alors elles seront proposées à l’homologation. Les agents du SENASEM et de l’INERA ont récolté les données à chaque étape de la production (après le semi, pendant la croissance, à la floraison, à la prématurité et à la maturité) et tous ces éléments entrent dans la sélection participative des variétés. Donc les variétés sélectionnées seront proposées au bureau national d’homologation » a rassuré le Coordonnateur provincial du SENASEM au Sud-Kivu. 

Pour ce qui est de l’implication directe des cultivateurs locaux dans tout le processus d’essai de ces variétés, le SENASEM parle d’une approche qui vise une appropriation communautaire. Pour Biakombe Mazambi Jonathan, rien ne doit se faire sans la participation de la communauté. 

« On ne peut pas imposer à la population des variétés qu’elle n’a pas appréciées car elle occupe une place de choix dans l’homologation de ces variétés, vu qu’elle participe à toutes les étapes » a-t-il soutenu. 

Il sied de signaler qu’après l’homologation, l’INERA va, à l’aide des variétés sélectionnées, produire des semences de base, qui seront données aux agri multiplicateurs, qui aussi à leur tour vont les multiplier pour que les agriculteurs locaux trouvent des semences à disséminer sur leurs champs.

Bertin Bulonza

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