La Chine fait face à un tournant démographique historique. Le pays a enregistré en 2024 son plus faible taux de natalité depuis la proclamation de la République populaire en 1949, confirmant une crise démographique profonde aux conséquences économiques et sociales majeures.
Selon les dernières données du Bureau national des statistiques (BNS), relayées par le média TRT Afrika, le taux de natalité est tombé à 5,6 naissances pour 1.000 habitants, un seuil inédit en 75 ans d’histoire. En valeur absolue, seulement 7,9 millions de naissances ont été enregistrées sur l’année, soit 1,6 million de moins qu’en 2023, représentant la chute la plus brutale observée depuis 2020.
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Cette dénatalité accélérée entraîne mécaniquement une contraction de la population globale. En un an, la Chine a perdu 3,4 millions d’habitants, marquant la quatrième année consécutive de déclin démographique. Une tendance lourde qui fait peser de sérieuses menaces sur le marché du travail, la croissance économique et la viabilité du système de protection sociale du pays.
Ces chiffres constituent un revers majeur pour la stratégie démographique du pouvoir chinois. Malgré les appels répétés du président Xi Jinping à bâtir une « société favorable à la natalité », les politiques incitatives mises en place peinent à produire des effets concrets. Plusieurs provinces ont pourtant instauré des primes à la naissance, allongé les congés parentaux et tenté de réduire les coûts liés à l’éducation des enfants.
Mais ces mesures se heurtent à des obstacles structurels persistants : coût de la vie élevé, pression professionnelle accrue, précarité de l’emploi chez les jeunes et transformation profonde des modes de vie. Autant de facteurs qui dissuadent les nouvelles générations de fonder une famille, malgré les encouragements de l’État.
Le rapport met également en lumière une autre tendance préoccupante : la chute du mariage. En 2024, seulement 6,1 millions de mariages ont été célébrés en Chine, un niveau historiquement bas depuis 1980. Cela représente une baisse spectaculaire de 20,5 % en une seule année, révélant un désengagement croissant vis-à-vis de l’institution matrimoniale.
Parallèlement, la fragilité des unions existantes s’accentue légèrement, avec une hausse de 1,1 % du taux de divorce. La combinaison de ces dynamiques — moins de mariages, moins de naissances et une population vieillissante — place la Chine face à un défi démographique et civilisationnel majeur, que les autorités peinent encore à contenir.
À long terme, cette crise pourrait redéfinir en profondeur l’équilibre économique, social et géopolitique du pays, remettant en question le modèle de croissance qui a porté la Chine pendant plusieurs décennies.

