La situation sanitaire devient de plus en plus préoccupante dans le territoire de Fizi, où plusieurs maladies graves affectent une population déjà fragilisée par l’insécurité persistante.
Selon l’administrateur du territoire, Samy Kalonji, qui s’est confié à la presse ce mardi 14 avril 2026, plusieurs localités sont particulièrement touchées par une recrudescence de la rougeole. Il s’agit notamment des villages de Lulimba, Misisi, Lubijako 1, Lubijako 2 et Ignante, situés dans le groupement de Basikasilu, secteur de Kandja.
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L’autorité territoriale précise que la rougeole touche principalement les enfants âgés de 0 à 6 ans, avec plusieurs cas de décès déjà enregistrés. Cette maladie contagieuse continue de se propager dans un contexte marqué par le manque de prise en charge médicale adéquate.
Par ailleurs, les adultes ne sont pas épargnés. La tuberculose pulmonaire contribue également à l’augmentation du taux de mortalité. Elle affecte particulièrement les creuseurs de puits d’eau, souvent exposés à des conditions de travail difficiles, notamment l’utilisation d’explosifs artisanaux appelés « kapata ».
Le territoire fait face à une pénurie alarmante de médicaments depuis plus de cinq mois. Cette rupture compromet gravement la prise en charge des malades, entraînant des décès évitables.
Les affrontements armés récurrents dans la région compliquent davantage l’acheminement des produits pharmaceutiques, aggravant ainsi une crise sanitaire déjà critique.
Sur le plan sécuritaire, Samy Kalonji indique que la situation reste relativement calme ce mardi, malgré un contexte globalement instable. Les Forces armées de la République démocratique du Congo, appuyées par les groupes Wazalendo, poursuivent leurs opérations contre les groupes armés actifs dans la région, notamment dans les hauts plateaux de Fizi et à Minembwe.
Face à cette crise multidimensionnelle, l’administrateur du territoire lance un appel pressant au gouvernement provincial ainsi qu’aux partenaires humanitaires. Il plaide pour une assistance urgente, notamment en médicaments et en équipements médicaux, afin de renforcer les structures sanitaires locales.
Sans une intervention rapide, la combinaison de maladies épidémiques, du manque de soins et du contexte sécuritaire risque d’aggraver davantage la vulnérabilité des populations de cette partie du Sud-Kivu.
