Journée de la Terre nourricière : en RDC, l’implication citoyenne au cœur de la restauration des forêts

glissement de terrain dans e village Buhozi en province du Sud-kivu

À l’occasion de la Journée internationale de la Terre nourricière célébrée ce 22 avril, la République démocratique du Congo est confrontée à un défi majeur : la déforestation croissante de ses forêts, pourtant essentielles à l’équilibre climatique mondial. Face à cette menace, experts et acteurs environnementaux plaident pour une implication accrue des communautés locales dans la restauration des écosystèmes.

Dans le bassin du Congo, deuxième plus grand massif forestier tropical au monde, des milliers d’hectares disparaissent chaque année sous la pression des activités humaines. Agriculture non durable, exploitation minière et coupe abusive du bois figurent parmi les principales causes de cette dégradation.

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Pour Gloire Busira, la solution ne réside pas uniquement dans les campagnes de reboisement, mais dans une appropriation réelle des initiatives par les populations. « Aujourd’hui nos forêts font face à une forte pression. Elles sont dégradées par la déforestation, l’agriculture non durable et les activités minières », alerte-t-il.

Selon lui, la perte du couvert forestier entraîne des conséquences graves, notamment l’appauvrissement de la biodiversité unique du pays et l’accentuation des effets du changement climatique, déjà perceptibles tant au niveau national qu’international.

Un constat partagé par Gervais Muderhwa, Directeur du Département Environnement au sein de Mukaaji Mpya. Il souligne que la déforestation est aussi liée à la précarité des populations.

 « Nous faisons face à des défis liés à des pratiques non durables, mais aussi à des réalités socio-économiques. La majorité de la population congolaise vit avec moins d’un dollar. Cette situation déplorable fragilise les communautés et accroît leur dépendance aux ressources naturelles », explique-t-il.

Pour inverser cette tendance, des approches innovantes émergent. Parmi elles, la « restauration par ménage », une stratégie qui vise à impliquer directement les familles dans la protection et la reconstitution des forêts.

« Nous avons développé une approche innovante adaptée aux réalités congolaises : la restauration des écosystèmes par ménage. Elle place le ménage au cœur de la restauration des forêts et des terres dégradées », précise Gervais Muderhwa.

Cette méthode permettrait non seulement de restaurer les terres dégradées, mais aussi de renforcer la résilience des communautés face aux effets du changement climatique.

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Au-delà des discours, les acteurs environnementaux s’accordent sur un point essentiel : la réussite des politiques de conservation dépendra de l’engagement des citoyens. En cette Journée de la Terre nourricière, le message est clair : sans l’implication active des communautés locales, aucune stratégie de restauration ne pourra produire des résultats durables.

Ainsi, la protection des forêts congolaises apparaît désormais comme une responsabilité partagée, où chaque citoyen est appelé à devenir un acteur clé de la préservation de ce patrimoine écologique vital.

Landry Barhalibirhu

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