Journée mondiale du bégaiement : « Le bégaiement a tant de nuances, quelle est la vôtre ? »

Journée mondiale du bégaiement

Célébrée chaque 22 octobre, la Journée mondiale du bégaiement est l’occasion de sensibiliser le public à ce trouble de la parole et de la communication, mais aussi de donner la parole aux personnes concernées. Pour l’édition 2026, placée sous le thème « Le bégaiement a tant de nuances, quelle est la vôtre ? », l’accent est mis sur la diversité des expériences et la nécessité de lutter contre les préjugés.

Le bégaiement se manifeste par des interruptions involontaires du flux de la parole, notamment des répétitions de sons ou de syllabes, des prolongations de certains sons ou des blocages. Ses manifestations et son intensité varient d’une personne à l’autre, selon les situations et les moments de la vie.

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Selon l’Association Parole Bégaiement (APB), plus de 70 millions de personnes bégaient dans le monde. Ce trouble peut avoir des répercussions sur la vie sociale et professionnelle, particulièrement lorsque les personnes concernées sont confrontées aux moqueries, à l’impatience ou à la discrimination.

À travers cette journée, les acteurs engagés dans la sensibilisation rappellent que le bégaiement ne définit ni l’intelligence, ni les compétences, ni la personnalité d’une personne. Contrairement à certaines idées reçues, il n’est pas nécessairement lié à la timidité, au stress ou à un traumatisme.

Selon l’APB, les recherches scientifiques mettent en évidence des composantes neurologiques et génétiques, dans un phénomène dont les causes et l’évolution sont multifactorielles.

Respecter la diversité des expériences

Le thème de cette année invite à reconnaître que chaque personne vit le bégaiement à sa manière. Certaines souhaitent améliorer la fluidité de leur parole, tandis que d’autres privilégient une communication spontanée, sans chercher à dissimuler leur bégaiement. Chaque parcours mérite d’être respecté, sans imposer un modèle unique de prise de parole.

L’Association Parole Bégaiement appelle également les médias à adopter un langage respectueux et à éviter les représentations qui réduisent le bégaiement à une source de comédie, à une faiblesse ou à une incapacité. L’objectif est de mettre en avant les idées exprimées par les personnes concernées plutôt que de se focaliser uniquement sur leur manière de parler.

Mieux écouter pour favoriser l’inclusion

Dans les échanges quotidiens, certaines attitudes peuvent compliquer la communication. Dire à une personne qui bégaie de se calmer, de respirer ou de préparer sa phrase peut renforcer la pression qu’elle ressent. De même, terminer systématiquement ses phrases ou manifester de l’impatience peut l’empêcher d’exprimer librement sa pensée.

« À l’inverse, prendre le temps d’écouter, maintenir un contact visuel naturel, ne pas se moquer et laisser la personne terminer son intervention sont des gestes simples qui favorisent une communication plus inclusive. Il est également important de ne pas présumer de ses émotions ou de ses besoins, mais de lui demander directement comment faciliter l’échange si nécessaire », précise Yan-Eric Delpech, président de l’Association Parole Bégaiement.

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Il souligne que la sensibilisation concerne également les parents, les enseignants, les éducateurs et les professionnels de différents secteurs. Une meilleure connaissance du bégaiement peut contribuer à prévenir les moqueries, à favoriser l’inclusion scolaire et professionnelle et à permettre aux personnes concernées de participer pleinement à la vie sociale.

À l’occasion de cette Journée mondiale du bégaiement, l’APB lance un message clair : « Il ne suffit pas de parler du bégaiement, il faut aussi changer le regard porté sur les personnes qui bégaient. »

Comme le rappelle le thème de cette édition 2026, le bégaiement a de nombreuses nuances et chaque voix mérite d’être entendue.

Vinciane Ntabala

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