Kabare : des effondrements à répétition à Buhozi, un géologue explique les causes et alerte sur les risques

glissement de terrain dans e village Buhozi en province du Sud-kivu

Le village de Buhozi, en territoire de Kabare (Sud-Kivu), est une nouvelle fois frappé par un effondrement du sol, deux ans seulement après un phénomène similaire sur le même site. Face à la récurrence de cette catastrophe naturelle, La Prunelle RDC s’est entretenue, ce mardi 13 janvier 2026, avec le géologue Toussaint Bibentyo afin de comprendre les causes, les conséquences et les solutions possibles à cette instabilité du terrain.

Selon cet expert, les effondrements observés à Buhozi sont liés à plusieurs facteurs géologiques et environnementaux, notamment l’extension d’une ancienne zone instable, la présence d’un glissement de terrain très actif, des phénomènes naturels, la proximité de la rivière Kamagema ainsi que les fortes précipitations enregistrées dans la région.

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« Lors de notre descente sur le terrain avec l’équipe de CIRiiNA-UOB et celle du CRCN de Lwiro, ici à Buhozi mais aussi de l’autre côté de la rivière Ruzizi à Lukula, nous avions déjà fait des projections montrant que les glissements allaient continuer. L’instabilité devait s’étendre à plus de 25 mètres autour de la zone déjà affectée. Tout indiquait qu’il s’agissait d’un glissement de terrain non stabilisé, encore dans sa phase d’initiation, et dont l’activité devait se poursuivre. Ce que nous observons aujourd’hui est donc une évolution normale d’un glissement de terrain actif », explique-t-il.

Le géologue évoque également des facteurs aggravants d’origine humaine, tels que le déboisement progressif et une urbanisation non adaptée, qui fragilisent davantage les sols et exposent la population à des risques majeurs.

Ces effondrements ont des conséquences humaines, sociales et environnementales importantes. Selon Toussaint Bibentyo, 42 maisons ont été directement touchées, certaines complètement détruites, poussant plusieurs habitants à démolir eux-mêmes leurs habitations par précaution.

« Des maisons sont détruites, des routes sont affectées, et derrière cela, il y a des familles qui ont perdu leurs logements et leurs activités. Ces situations entraînent aussi des conséquences psychologiques et sociales importantes liées à cette instabilité », souligne-t-il, tout en précisant que ces phénomènes affectent également la biodiversité locale.

Pour faire face à cette situation, le géologue recommande comme solution principale la délocalisation des populations vivant dans cette zone à haut risque vers un site géologiquement plus stable.

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Il lance enfin un appel à la responsabilité collective.

« Nous devons tirer des leçons sur la manière dont nous occupons nos terres et construisons nos maisons. On ne devrait pas s’installer n’importe où sans connaître les caractéristiques géologiques des zones concernées. »

Esther Rehema

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