À Mubambiro, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, les femmes et filles autochtones continuent de faire face à de nombreuses difficultés, notamment la pauvreté, l’accès limité aux soins de santé et à l’éducation, ainsi que des conditions de logement et de vie précaires. À l’occasion de la Journée internationale des femmes et filles autochtones, elles appellent les autorités et les organisations à renforcer leur accompagnement et à faire de leurs droits une réalité concrète.
Dans cette partie du territoire de Masisi, plusieurs femmes autochtones peinent à accéder à des activités génératrices de revenus leur permettant de subvenir aux besoins de leurs familles. Pour certaines, les difficultés économiques compliquent également la scolarisation des enfants et l’accès aux soins de santé.
À ces problèmes s’ajoutent les difficultés liées au logement, à l’accès à l’eau potable et à la sécurité, qui contribuent à fragiliser davantage les ménages.
Pour Aline Mateyi, femme autochtone vivant à Mubambiro, les femmes ont surtout besoin d’opportunités leur permettant de devenir davantage autonomes.
« Nous vivons dans des conditions difficiles. Nous avons besoin d’activités qui peuvent nous permettre de gagner notre vie et de prendre en charge nos enfants. Nous demandons aux autorités et aux organisations de penser davantage aux femmes autochtones », déclare-t-elle.
Les filles confrontées aux difficultés d’accès à l’éducation
La situation est également préoccupante pour les jeunes filles autochtones. Certaines sont confrontées à l’abandon scolaire, principalement en raison du manque de moyens financiers, tandis que d’autres restent exposées à des risques de violences ou d’exploitation.
Pour une jeune fille autochtone de Mubambiro, l’accès à l’éducation représente pourtant une condition essentielle pour construire un avenir meilleur.
« Nous voulons étudier et avoir un avenir meilleur. Mais parfois, les moyens manquent pour payer les frais scolaires et acheter les fournitures. Nous souhaitons que les filles autochtones soient davantage soutenues pour poursuivre leurs études. Que les autorités mettent notre considération en évidence, que nous soyons aussi considérées comme tant d’autres personnes », plaide-t-elle.
Son témoignage traduit une demande plus large : celle d’une meilleure prise en compte des filles autochtones dans les politiques et initiatives en faveur de l’éducation et de la protection de l’enfance.
Des femmes qui veulent aussi être actrices du développement
Malgré les difficultés auxquelles elles sont confrontées, les femmes et filles autochtones de Mubambiro ne souhaitent pas être perçues uniquement à travers leur vulnérabilité.
Elles revendiquent également leur capacité à contribuer au développement de leurs familles et de leurs communautés, à condition de bénéficier d’un accès équitable aux opportunités et aux services essentiels.
Elles plaident notamment pour davantage d’accès aux activités génératrices de revenus, à l’éducation, aux soins de santé, à l’eau potable et à des conditions de logement décentes, mais aussi pour une meilleure protection contre toutes les formes de violences.
À travers leurs témoignages, elles demandent également que leur voix soit davantage entendue dans les décisions et les initiatives qui concernent directement leurs communautés.
Un appel à des actions concrètes
La Journée internationale des femmes et filles autochtones constitue ainsi, pour les femmes de Mubambiro, une occasion de rappeler les difficultés auxquelles elles restent confrontées, mais également leurs aspirations.
Elles souhaitent que les engagements pris en faveur des peuples autochtones ne restent pas uniquement des déclarations, mais se traduisent par des actions concrètes sur le terrain, particulièrement en matière d’éducation, de santé, d’autonomisation économique et de protection.
À Mubambiro, entre précarité et espoir, les femmes et filles autochtones continuent ainsi de réclamer leur pleine reconnaissance comme membres à part entière de la communauté, avec les mêmes droits et les mêmes possibilités de contribuer à son développement.
Julienne Lusungu
