Au moins 22 personnes ont perdu la vie, 5 autres ont été blessées et 8 sont portées disparues à la suite d’un glissement de terrain survenu dans la nuit du 13 janvier 2026 au village Burutsi, dans le groupement Luberike, territoire de Walikale, au Nord-Kivu. La catastrophe naturelle a également causé la destruction de 32 maisons et entraîné la coupure totale de la route provinciale Goma–Masisi–Walikale, selon un rapport de l’ONG Les Écologistes RDC.
Le drame s’est produit aux environs de 1 heure du matin, alors que les habitants dormaient. D’importantes masses de terre, accompagnées de grosses pierres et d’arbres, ont dévalé la colline, engloutissant une grande partie du village sur leur passage.
Le village Burutsi est situé dans la localité Bana-Ulengo, au sein du groupement Luberike, dans le secteur des Wanyanga, en territoire de Walikale, province du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo. Il se trouve à environ 2 kilomètres du centre de Kashebere, à la limite avec le territoire de Masisi, le long de la route provinciale reliant Goma, Masisi et Walikale.
Selon le bilan provisoire dressé jusqu’au matin du 14 janvier 2026, les corps des 22 victimes décédées ont été retrouvés et enterrés, tandis que les 5 blessés ont été admis dans des structures sanitaires locales. Les recherches se poursuivent pour retrouver les 8 personnes portées disparues.
Si des enquêtes plus approfondies sont attendues pour déterminer avec précision l’ensemble des causes de la catastrophe, les premiers éléments pointent vers une mauvaise gestion des ressources naturelles, une situation qui touche l’ensemble du groupement Luberike.
Le rapport de l’ONG Les Écologistes RDC évoque notamment : une gestion artisanale et non durable des forêts et des terres agricoles, la déforestation et la disparition du couvert végétal, la mauvaise affectation des terres, sans tenir compte de leurs aptitudes naturelles, l’utilisation de techniques agricoles destructrices pour l’environnement, la construction anarchique d’habitations, souvent dans des zones accidentées ainsi que l’absence de réglementation des activités pastorales.
Des facteurs qui, combinés, favorisent la dégradation des sols et augmentent les risques de catastrophes naturelles.
Les populations du groupement Luberike, dont celles de Burutsi, vivent essentiellement de l’agriculture et de l’élevage, leurs principales sources de subsistance. Chaque famille exploite, de manière permanente ou ponctuelle, les portions de terres disponibles pour ces activités.
Le rapport rappelle qu’une catastrophe similaire avait déjà frappé le village de Burutsi il y a quelques années, pour des causes comparables, ce qui renforce l’urgence d’agir pour éviter de nouveaux drames.
Face à cette situation, l’ONG Les Écologistes RDC appelle les autorités territoriales de Walikale à une réponse rapide et structurée. À court terme, l’organisation recommande notamment : l’assistance alimentaire aux sinistrés, la construction d’abris provisoires, la prise en charge médicale des blessés et l’organisation d’enterrements dignes pour les victimes.
À moyen terme, elle préconise une éducation environnementale permanente, le reboisement des espaces dénudés, le développement de techniques de lutte antiérosive, ainsi que l’expérimentation de cultures suivant les courbes de niveau.
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À long terme, l’ONG plaide pour la conduite d’études approfondies sur les causes récurrentes des catastrophes naturelles dans la région et la délocalisation des villages situés entre Kashebere et Kibati, dont Burutsi, vers des zones plus sécurisées.
Un appel est également lancé à l’Administrateur du territoire de Walikale, au chef du secteur des Wanyanga, au chef du groupement Luberike, ainsi qu’à toute personne physique ou morale de bonne volonté, afin de soutenir la mise en œuvre de ces recommandations.
L’ONG Les Écologistes RDC se dit disposée à accompagner les autorités locales en mettant son expertise technique à leur disposition, avec l’appui de partenaires techniques et financiers, pour prévenir de nouvelles catastrophes.

