Chaque 2 février, le monde célèbre la Journée mondiale des zones humides. En 2026, le thème « Zones humides et savoirs traditionnels : célébrer le patrimoine culturel » met en lumière une dimension souvent ignorée : le rôle central des connaissances ancestrales dans la préservation de ces écosystèmes vitaux.
En République démocratique du Congo, les zones humides sont bien plus que des étendues d’eau ou de végétation. Le long du fleuve Congo, sur les rives du lac Mai-Ndombe ou dans les mangroves de Moanda, elles font vivre des milliers de familles. Elles fournissent eau, nourriture, médicaments, terres fertiles et protection naturelle. Depuis des générations, les communautés ont développé des pratiques de pêche, d’agriculture et de gestion de l’eau fondées sur l’observation fine de la nature et la transmission orale des savoirs.
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La RDC abrite l’un des ensembles de zones humides les plus vastes et diversifiés d’Afrique : mangroves, forêts inondées, marécages, forêts tropicales humides et dunes côtières. Ces milieux jouent un rôle écologique crucial. Les mangroves protègent le littoral contre l’érosion et les tempêtes, tandis que les forêts inondées régulent les crues, stockent l’eau en saison des pluies et la restituent pendant les périodes sèches, réduisant ainsi les risques d’inondation et de sécheresse.
Pourtant, ces écosystèmes sont aujourd’hui sous forte pression. Déforestation, extension agricole, pollution et urbanisation incontrôlée menacent leur équilibre. Longtemps perçues comme des terres « inutiles » ou « improductives », les zones humides ont été dégradées au profit d’activités à court terme, au détriment de leur rôle stratégique pour la sécurité alimentaire, la biodiversité et la résilience climatique.
Pour les communautés locales, la perte de ces milieux signifie aussi la disparition de repères culturels et identitaires. Chaque marais, chaque bras d’eau est lié à des récits, des pratiques, des rituels et une mémoire collective. Protéger les zones humides, c’est donc aussi préserver un patrimoine culturel vivant.
Face au changement climatique, la RDC dispose pourtant d’un atout majeur. Les zones humides figurent parmi les solutions fondées sur la nature les plus efficaces : elles stockent le carbone, limitent les inondations, atténuent les sécheresses et abritent une biodiversité essentielle à l’équilibre des écosystèmes.
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En combinant savoirs traditionnels et connaissances scientifiques modernes, le pays peut bâtir des stratégies de développement qui renforcent à la fois la résilience des communautés et la protection de l’environnement.
En cette Journée mondiale des zones humides 2026, un message s’impose : la valeur de ces écosystèmes ne se mesure pas seulement en termes économiques, mais aussi en liens humains, culturels et écologiques.
Protéger les zones humides de la RDC, c’est défendre nos racines, notre identité et notre avenir.

