Au Sud-Kivu, la déforestation progresse à un rythme alarmant, menaçant l’équilibre écologique, la sécurité alimentaire, le climat local et l’avenir des communautés riveraines. Dans le Parc national de Kahuzi-Biega, classé patrimoine mondial de l’UNESCO, comme dans les forêts du territoire de Mwenga, arbres et collines disparaissent sous la pression humaine : bois de chauffe, charbon de bois et agriculture sur brûlis.
La dépendance massive au bois-énergie et au charbon constitue le moteur principal de cette destruction. Dans les villages et centres urbains, faute d’alternatives accessibles, les populations continuent de couper des arbres pour cuisiner et survivre. À Mwenga, des collines autrefois forestières ont été transformées en sites de carbonisation ou en champs agricoles, alimentant les marchés de Bukavu, Uvira et d’autres villes.
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Derrière chaque sac de charbon vendu se cache une chaîne de conséquences : arbres abattus, sols fragilisés et sources d’eau menacées. Les experts rappellent que protéger les forêts passe par la cuisine. Tant que le charbon restera la seule option énergétique, la déforestation continuera.
Plusieurs pistes concrètes peuvent inverser la tendance :
- Foyers améliorés : réduisent jusqu’à 50 % la consommation de bois pour la cuisson.
- Briquettes écologiques : fabriquées à partir de déchets, elles remplacent le charbon traditionnel.
- Gaz domestique et biogaz : unités de biogaz à partir de déchets organiques ou fumiers pour diminuer la pression sur les forêts.
- Énergie solaire : pour l’éclairage et certains appareils, limitant la demande globale en bois-énergie.
- Sensibilisation aux économies d’énergie : informer les ménages sur des pratiques moins consommatrices de bois.
La forêt n’appartient pas à une seule génération, mais à toutes celles qui suivent. Sans reboisement et alternatives énergétiques durables, le Sud-Kivu s’expose à un futur marqué par l’érosion, la pauvreté, les conflits d’usage et les crises climatiques.
Protéger le Parc de Kahuzi-Biega et les forêts de Mwenga n’est pas un luxe écologique : c’est une urgence vitale pour la région.

